Congo/Décentralisation : Nécessité d’améliorer la gestion de l’éducation de base

BRAZZAVILLE, 14 AOÛT (ACI)- Le ministre délégué à la Décentralisation et au développement local, M. Juste Désiré Mondélé, a souligné le 12 août à Brazzaville l’importance d’une décentralisation efficace pour améliorer la gestion de l’éducation de base, considérée comme fondamentale pour le développement du Congo.

Il l’a fait savoir lors de la conférence-débat organisée à l’occasion de la 13ème Journée africaine de la décentralisation et du développement local (Jaddl), célébrée en différé. Le but de cette journée était de renforcer le rôle des collectivités locales dans la gestion de l’éducation de base.

Axée sur les défis et les opportunités liés à la décentralisation, cette journée a permis aux élus locaux, préfets, présidents de conseils départementaux et municipaux d’échanger sur les enjeux politiques, administratifs et sociaux de la décentralisation en République du Congo.

À cette occasion, M. Mondélé, qui a rappelé l’historique de la décentralisation au Congo, a mis en lumière les avancées et les défis liés au transfert des compétences et des moyens aux autorités locales.  Il a également rappelé les mesures déjà prises par le gouvernement, telles que le décret 2022-1875 du 16 octobre 2023, fixant les modalités d’allocation des crédits budgétaires pour les établissements scolaires, ainsi que la loi 16-2019 fixant la répartition des compétences.

« Au Congo, la décentralisation n’est plus une option de politique publique ni un choix stratégique de développement, mais elle s’impose à tous puisqu’elle intègre le caractère même de l’État. Devenu un État décentralisé, le Congo a ratifié en septembre 2023 la Charte africaine de la décentralisation et du développement local », a déclaré M. Mondélé.

Vue des participants dans la salle

Dans ses propos il a éclairé la lanterne des participants sur les conflits entre les autorités déconcentrées et décentralisées liés à la gestion des crédits alloués aux collectivités locales. Il a également rappelé la responsabilité de ces dernières à accompagner le volet éducation en vue d’assurer un développement harmonieux et efficace des collectivités territoriales.

« Dans le cadre de l’application de ces textes depuis 2023, les crédits budgétaires sont alloués aux collectivités locales au profit des structures transférées de l’éducation. Cependant, certaines collectivités n’ont pas encore mis en place de comités de gestion à quelques mois de la rentrée scolaire. Il est important que l’ensemble des collectivités locales soit doté de ces comités en matière d’éducation pour une meilleure répartition des fonds à allouer », a précisé le ministre.

De même, il a encouragé les élus locaux à s’impliquer activement dans le processus de décentralisation. « Les élus sont les acteurs clés pour accompagner le Président de la République dans l’effectivité de la décentralisation », a-t-il ajouté.

Peu avant la conférence-débat, le Coordonnateur résident du Système des Nations unies au Congo, M. Chris Mburu, a salué cette initiative et réaffirmé l’engagement de cette institution à soutenir le processus de décentralisation au Congo.

« Le processus de transfert des moyens et des compétences en matière d’éducation de base, tel que vous le conduisez, est une initiative audacieuse qui marque un tournant décisif dans la gestion du système éducatif. Toutefois, ce processus ne peut réussir sans l’engagement et la responsabilité partagée de tous les acteurs locaux. Il est de notre responsabilité collective de veiller à ce que ce processus se déroule de manière harmonieuse et efficace afin que chaque enfant bénéficie d’une éducation de qualité, ancrée dans les réalités du Congo et tournée vers l’avenir », a-t-il déclaré.

Photo de famille du ministre en délégué en charge de la Décentralisation et des participants

De son côté, le président du Conseil municipal et départemental, le député-maire de Brazzaville, M. Dieudonné Bantsimba, a mis l’accent sur deux questions qui suscitent l’attention des élus locaux, des autorités décentralisées et des populations, à savoir le financement et les ressources humaines.

« Nous remercions le ministre pour ce débat. Il est question que les 13 matières transférables prévues par l’État soient effectivement transférées aux collectivités locales. Il est également nécessaire de revoir les textes relatifs à la fonction publique territoriale pour les adapter aux nouvelles réalités », a indiqué le conseiller Stevy Ekeli.

Célébrée le 10 août de chaque année, la Jaddl de la décentralisation, instituée par les Nations unies, a été placée sous le thème : « Le rôle et la responsabilité des acteurs locaux face au processus de transfert des moyens et des compétences en matière d’éducation de base ». Elle rappelle l’importance de la décentralisation dans la construction de l’Afrique et la contribution des collectivités locales au développement. (ACI/Marlyce Tchibinda Batchi)

Articles Similaires

DERNIÈRES PUBLICATIONS

-FansJ'aime
-SuiveursSuivre
-AbonnésS'abonner