Monde/Société : Près de 138 millions d’enfants astreints au travail 

BRAZZAVILLE, 11 JUIN (ACI)- Environ 138 millions d’enfants ont travaillé en 2024 et  54 millions d’entre eux ont effectué des travaux dangereux susceptibles de mettre en péril leur santé, leur sécurité et leur développement, rapporte un communiqué conjoint de l’Organisation internationale du travail (Oit) et du Fonds des nations unies pour l’enfance (Unicef) parvenu à l’Aci.

Ce constat a été fait dans un rapport conjoint de l’Oit et de l’Unicef, intitulé « Travail des enfants : estimations mondiales 2025, tendances et chemin à suivre », publié à l’occasion de la Journée internationale du jeu, célébrée chaque 10 juin de l’année et à la veille de la Journée mondiale contre le travail des enfants.

Malgré les progrès enregistrés, le document a révélé que des millions d’enfants se voient toujours privés du droit d’apprendre, de jouer et de vivre leur enfance. Les deux institutions onusiennes publiées des nouvelles estimations faisant savoir que le monde n’a pas réussi à atteindre son objectif d’éliminer totalement cette pratique en 2025.  

 « Les conclusions de notre rapport sont porteuses d’espoir en ce qu’elles montrent que des progrès sont possibles. La place des enfants est à l’école, et non au travail. Il est impératif de soutenir les parents et de leur donner accès à des emplois décents afin qu’ils aient les moyens financiers de veiller à ce que leurs enfants puissent étudier et n’aient pas à vendre des produits sur le marché ou à travailler dans l’exploitation agricole familiale pour subvenir aux besoins de leur famille », a indiqué le directeur général de l’Oit, M. Gilbert F. Houngbon,

Selon les données du rapport, l’agriculture reste le secteur le plus touché puisqu’il totalise 61 % de tous les cas d’enfants astreints au travail, suivi des travaux domestiques et la vente de biens sur les marchés, (27 %) et de l’industrie, notamment l’exploitation minière et la fabrication, (13 %).

Les deux institutions mentionnent que la prévalence du travail des enfants a le plus reculé  en Asie et dans le Pacifique depuis 2020, passant de 6 % à 3 %, soit de 49 millions à 28 millions d’enfant. Cette  amélioration a également été observée en Amérique latine et dans les Caraïbes où, le nombre d’enfants concernés est passé de 8 millions à près de 7 millions au cours des quatre dernières années.

L’Afrique subsaharienne reste, quant à elle, la région la plus touchée, comptabilisant près de 2/3 des cas à travers le monde, soit près de 87 millions d’enfants. Bien que la prévalence ait légèrement baissé, passant de 24 % à 22 %, le nombre total d’enfants astreints au travail n’a pas diminué. Cette situation s’explique par la croissance démographique, les conflits en cours et émergents, l’extrême pauvreté et la pression exercée sur les systèmes de protection sociale.

Pour la directrice générale de l’Unicef, Mme Catherine Russell, ces progrès considérables ont été accomplis pour réduire le travail des enfants à travers le monde, soulignant toutefois que d’un nombre élevé d’enfants continuent de travailler dans les mines, les usines ou les champs.

 « Nous savons que les protections juridiques, l’élargissement de la protection sociale, les investissements en faveur d’une éducation gratuite et de qualité et l’amélioration de l’accès des adultes aux emplois décents peuvent nous rapprocher de notre objectif d’éliminer cette pratique néfaste. Malheureusement, les coupes budgétaires mondiales menacent de saper les progrès que nous avons acquis de haute lutte. Nous devons réaffirmer notre engagement à tout mettre en œuvre pour que les enfants étudient et jouent au lieu de travailler », a-t-elle conclu. (ACI/ Edouard Mangongo)

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