BRAZZAVILLE, 20 AOÛT (ACI) – La République du Congo et la société Aforest Congo ont signé, le 19 août à Brazzaville, un bail emphytéotique portant sur une superficie de 102 560 hectares dans les districts de Gamboma et d’Abala, département de la Nkéni-Alima, en vue de la réalisation d’un projet de plantations forestières et agroforestières industrielles à base d’acacia, d’eucalyptus et d’autres essences.
Ce bail a été paraphé par le ministre d’État, ministre des Affaires foncières et du Domaine public, chargé des relations avec le Parlement, M. Pierre Mabiala, la ministre de l’Économie forestière, Mme Rosalie Matondo, et le ministre des Zones économiques spéciales et de la Diversification économique, M. Jean-Marc Thystère Tchicaya et le président-directeur général du groupe Asc Impact, M. Karl E. Kirchmayer, représentant la société Aforest Congo.
Conclu pour une durée de 30 ans renouvelables, le contrat vise à contribuer à la lutte contre les changements climatiques, à créer 2.000 emplois directs par an et à réduire la pauvreté. Il prévoit un loyer annuel de 102,56 millions de Fcfa, payable en deux tranches, ainsi qu’une redevance de 500.000 Fcfa à l’État. À l’issue du bail, toutes les infrastructures et plantations reviendront au Congo.
Selon ce contrat, l’État congolais s’engage à garantir la jouissance paisible des terres et la protection des investissements, tandis que la société Aforest Congo devra mobiliser ses propres fonds, gérer durablement les plantations, s’acquitter des loyers et redevances, et former des jeunes Congolais aux métiers du secteur.
Le plan d’action de la société prévoit la création d’une pépinière semi-industrielle capable de produire 12 millions de plants par an, afin de soutenir un rythme de plantation de 10.000 hectares annuels. Outre les activités sylvicoles, le projet inclut la construction d’une usine de pâte à papier et d’unités industrielles connexes, pour un investissement global estimé à 200 millions d’euros, soit environ 131 milliards de Fcfa.
Pour la ministre de l’Economie forestière, ce projet permettra de réduire la pression sur les forêts naturelles, de moderniser l’agriculture et de générer des revenus additionnels pour les communautés rurales.
Les premiers travaux, prévus dès 2026, seront précédés par une étude d’impact environnemental et social, conformément aux normes nationales et internationales.
À l’issue de la signature, M. Mabiala a exhorté la société Aforest Congo à respecter les stipulations du contrat. Il a indiqué que la durée du bail pourrait être si renouvelée, si le gouvernement constatait que le projet connaît une ampleur significative. « Nous procéderons sans hésitation au renouvellement de la durée pour vous permettre d’aller jusqu’à 90 ans », a-t-il déclaré.
Cette initiative s’inscrit dans le cadre du Programme national d’afforestation et de reboisement, qui vise à renforcer la filière forestière nationale et à attirer des investissements verts au Congo, a-t-on appris. (ACI)

