Brazzaville, 02 Avril (ACI) – L’autisme demeure un trouble largement sous-diagnostiqué et insuffisamment pris en charge en République du Congo, d’après le constat dressé par les acteurs de ce secteur, lors du 19e Journée mondiale de sensibilisation à l’autisme, célébrée le 2 avril de chaque année.
L’autisme est un trouble du développement d’origine neurologique et génétique, qui se manifeste dès l’enfance par des difficultés à interagir, à communiquer ou par des comportements répétitifs.
A l’occasion de cette journée, placée sous le thème «Autisme et humanité, chaque vie a de la valeur », ce constat reste préoccupant. Au Congo, faute de dépistage et prise en charge significative de cette déficience, les données statistiques fiables font défaut. Les seules estimations disponibles font état de 45 000 à 60 000 personnes autistes sur une population d’environ six millions d’habitants.
Sur le terrain, la réalité est complexe. De nombreux parents errent pendant des mois, voire des années, avant d’obtenir un diagnostic pour leurs enfants, faute de centres spécialisés et de professionnels qualifiés, à savoir pédopsychiatres, orthophonistes et psychologues.
Ce retard de diagnostic, pourtant essentiel pour améliorer les chances d’évolution de l’enfant, est aggravé par le coût élevé de la prise en charge, inaccessible pour de nombreuses familles. Privés de suivi régulier, certains enfants restent à domicile, sans stimulation ni accompagnement.

Au-delà des obstacles médicaux et financiers, l’autisme reste entouré de préjugés tenaces, tels que la malédiction, sorcellerie et croyances mystiques. Ces représentations alimentent la stigmatisation et éloignent les familles des circuits de soins.
Le système éducatif, quant à lui, peine à intégrer ces enfants, l’école inclusive reste embryonnaire, faute d’enseignants formés et d’aménagements adaptés.
Le directeur de l’École Case Dominique, Dieu Merci Nakavoua, l’une des rares structures privées de prise en charge des enfants autistes à Brazzaville, déplore l’absence de cadres institutionnels et de politiques structurées en faveur de l’autisme en République du Congo.
A cet effet, il plaide pour l’élaboration d’un cadre juridique dédié, à même de garantir une réponse publique à la hauteur des besoins.
Instituée en 2008 par les Nations unies, la journée mondiale de sensibilisation à l’autisme vise à inciter les gouvernements et institutions à améliorer les systèmes de prise en charge et les politiques publiques en faveur des personnes autistes. (ACI)

