Monde/Santé : Nécessité de lutter contre l’hépatite pour réduire le nombre d’infections et de décès

Brazzaville, 04 Mai (ACI) – Les efforts mondiaux dans la lutte contre l’hépatite virale permettraient de diminuer le nombre d’infections et de décès, selon le nouveau rapport de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) sur l’hépatite 2026, publié récemment à Bangkok à Genève, à l’occasion du Sommet mondial sur cette maladie.

Ce rapport fait état de progrès significatifs depuis 2015, bien que cette maladie reste un enjeu sanitaire mondial majeur. Le nombre annuel de nouvelles infections par le virus de l’hépatite B a diminué de 32 % et le nombre de décès liés à l’hépatite C a baissé de 12 % à l’échelle mondiale.

La prévalence de l’hépatite B chez les enfants de moins de cinq ans est tombée à 0,6 % et 85 pays parviennent à faire chuter la prévalence à 0,1 %, conformément à l’objectif fixé à l’horizon 2030.

D’après ce document, ces réalisations reflètent l’impact de l’action durable et coordonnée menée au niveau mondial et national, après l’adoption par les États membres, à l’Assemblée mondiale de la santé en 2016, des objectifs de l’Oms pour l’élimination de l’hépatite virale.

Cependant, le rapport a souligné que le rythme de progression actuel est insuffisant pour atteindre tous les objectifs fixés d’ici à 2030, en matière de l’élimination soulignant qu’il est urgent d’intervenir dans les domaines de la prévention, du dépistage et du traitement.

Le document a souligné, à cet effet, que plusieurs personnes ne bénéficient ni d’un diagnostic, ni d’un traitement à cause de la stigmatisation, de la fragilité des systèmes de santé et de l’accès inégal aux soins. En dépit de la disponibilité des outils pour l’élimination de cette maladie, il faut renforcer la prévention, le diagnostic et le traitement.

Pour le Directeur général de l’Oms, le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, les pays se montrent pessimistes quant à l’élimination de l’hépatite qu’ils qualifient d’irréalisable. Il estiment que l’atteinte de cet objectif n’est possible que grâce à un engagement politique durable, s’appuyant sur un financement intérieur fiable.

Selon les dernières données de l’Oms, les hépatites virales B et C, responsables de 95 % des décès dans le monde ont fait 1,34 million de morts en 2024. Parallèlement, la transmission se poursuit, avec plus de 4900 nouvelles infections par jour, soit 1,8 million par an.

« Ces données montrent qu’il est possible de progresser, même si nous échouons dans certains domaines. Chaque diagnostic manqué et chaque hépatite virale chronique non traitée représentent un décès évitable », a déclaré la directrice du département Vih, tuberculose, hépatite et infections sexuellement transmissibles de l’Oms, la Dre Tereza Kasaeva.

Elle a appelé les pays à « agir plus rapidement pour intégrer les services destinés aux personnes atteintes d’hépatite B ou C dans les soins primaires, et pour atteindre les communautés les plus touchées ».

 Par ailleurs, le rapport signale des mesures à prendre en priorité pour éliminer les hépatites, en tant que menace pour la santé publique, dont la généralisation du traitement de l’hépatite B chronique, en particulier dans les régions africaine et du pacifique occidental de l’Oms, ainsi que l’élargissement de l’accès au traitement de l’hépatite C dans la région de la méditerranée orientale.

Il préconise aussi de renforcer l’engagement politique et le financement, d’améliorer la couverture de la vaccination contre l’hépatite B à la naissance et une prophylaxie antivirale élargie pour prévenir la transmission mère-enfant, dans la région africaine de l’Oms, en particulier.

Les statistiques actualisées de l’Oms indiquent que 287 millions de personnes étaient atteintes d’une hépatite B ou C chronique en 2024. (ACI)

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