Congo/Santé : Alida Ines Oket plaide pour un accompagnement psychologique des sages-femmes

Brazzaville, 08 Mai (ACI) – La psychologue clinicienne, spécialiste en santé publique, Mme Alida Ines Oket, a plaidé, le 5 mai à Brazzaville, pour un accompagnement psychologique des sages-femmes confrontées aux traumatismes liés à la maternité et aux décès maternels.

« Gérer les difficultés liées à la maternité demande un soutien psychologique adapté. Les sages-femmes sont souvent confrontées à des situations émotionnellement éprouvantes. Certaines développent des sentiments de culpabilité, de malaise ou de découragement après la perte d’une patiente », a-t-elle expliqué lors de la célébration de la Journée internationale des sages-femmes.

Selon Mme Oket, plusieurs sages-femmes restent traumatisées tout au long de leur carrière, jusqu’à la retraite, sans bénéficier d’une prise en charge psychologique. « J’encourage les sages-femmes à faire un plaidoyer auprès des autorités compétentes afin d’intégrer des psychologues dans les services de gynécologie et d’obstétrique », a-t-elle insisté.

Outre les décès maternels, certaines sages-femmes, par respect de l’éthique professionnelle et du serment d’Hippocrate, sont parfois amenées à prendre en charge des personnes avec lesquelles elles entretiennent des relations conflictuelles, voire les concubines de leurs conjoints.

« Malgré le choc et la douleur de la situation, elles choisissent de respecter leur devoir professionnel en assurant l’accouchement. Il ne doit y avoir ni haine ni distinction sociale, car chaque vie humaine est précieuse », a fait savoir Mme Oket.

Cet accompagnement psychologique est également nécessaire pour les femmes enceintes devant accoucher par césarienne, celles ayant perdu un enfant lors de l’accouchement, ainsi que celles confrontées à des problèmes de fertilité, a-t-elle précisé.

« Certaines femmes associent la césarienne au décès à cause d’antécédents ou d’expériences vécues dans leur entourage. Pourtant, ces décès peuvent être liés à d’autres causes », a-t-elle souligné, ajoutant que l’accompagnement psychologique devrait intervenir avant la conception, pendant la grossesse et après l’accouchement.

Mme Oket a également alerté sur les risques de stress post-traumatique et de psychoses puerpérales chez certaines femmes après l’accouchement. Elle a appelé à une collaboration renforcée entre psychologues, sages-femmes et autres professionnels de santé afin d’assurer une meilleure prise en charge des patientes.

Organisée par le Fonds des Nations unies pour la population (Unfpa) au Congo, cette journée  a regroupé les sages-femmes venues des différents hôpitaux. Elle a été placée au niveau mondial sous le thème « Un million de sages-femmes de plus » et« Plus de sages-femmes compétentes en activité pour la réduction de la mortalité maternelle et néonatale au Congo », au niveau national. (ACI)

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