BRAZZAVILLE, 14 FÉV (ACI) – Le ministre de l’Environnement et du développement durable de la Côte d’Ivoire, président sortant de la conférence des parties de la convention de Bamako, M. Joseph Seka Seka, a déclaré, le 12 février dernier à Brazzaville, que la gestion des déchets est aujourd’hui l’un des plus grands défis de la planète et une préoccupation majeure pour tous les États, en raison de ses conséquences sanitaires et environnementales.
Cette déclaration a été faite lors de la cérémonie d’ouverture du segment technique de la troisième conférence des parties (Cop3), convention de Bamako, tenue du 12 au 14 février sur le thème «Des décisions à l’action : œuvrer pour un avenir sans les dangers des produits chimiques et des déchets en Afrique».
Dans son discours, M. Seka Seka a indiqué que le problème est universel, car l’importation et le déversement des déchets toxiques dans les pays en développement, notamment en Afrique, mettent en évidence les faiblesses du droit international relatif au mouvement transfrontalier des déchets dangereux.
«Ces exportations, souvent illégales et illicites du nord vers le sud, en violation flagrante des réglementations internationales et nationales en vigueur dans le cadre de la convention de Bâle et de Bamako, au sujet desquelles mon pays, la Côte d’Ivoire, a connu un moment sombre de son histoire, montrent que nous devons mettre un accent très particulier sur le contrôle transfrontière des déchets dangereux», a-t-il poursuivi.
Pour lui, l’Afrique a une responsabilité collective de sauver et de préserver son environnement et la planète face aux menaces contre la santé et le bien-être des populations, et d’œuvrer en faveur d’une Afrique sans danger par les produits chimiques et autres déchets.
A cette occasion, il a rappelé que les préoccupations au sujet des mouvements transfrontières des déchets dangereux et la mise en œuvre des contrôles internationaux ont déjà abouti à la signature de deux accords historiques qui sont la convention de Bâle visant à contrôler les mouvements transfrontaliers, l’élimination des déchets dangereux ; et la convention de Bamako sur l’interdiction d’importer en Afrique des déchets dangereux, entre autres radioactifs, sur le contrôle des mouvements transfrontaliers et sur la gestion des déchets dangereux produits en Afrique.
Œuvrer pour un avenir sans les dangers des produits chimiques et des déchets en Afrique apportera une contribution essentielle à la réussite de la mise en œuvre de la convention de Bamako. Cela aidera à aboutir à une Afrique sans danger sur le plan environnemental, a-t-il souligné.
En outre, M. Seka Seka a rappelé quelques activités qu’ils ont menées pendant la période 2018-2020. Selon lui, pendant cette période, son secrétariat a reçu des informations sur le transport illicite des déchets plastiques, y compris de la matière plastique non recyclable, vers des pays africains.
Il s’agit, entre autres, des livraisons de l’atrazine par la France à plusieurs pays de l’Afrique, tels que le Soudan. L’atrazine est une substance très dangereuse, en raison de ses propriétés perturbatrices du système endocrinien. Il est également soupçonné d’être cancérigène, a-t-il précisé.
Après les périodes dramatiques qu’a connues le continent africain, cas de Koko au Nigeria et de Probo Koala en Côte d’Ivoire, les pays africains continuent à être la cible des pays développés en matière de transfert de déchets dangereux, a-t-il fait savoir.
Par ailleurs, M. Seka Seka a exhorté son successeur à prendre son bâton de pèlerin pour dynamiser davantage la mise en œuvre de la convention, à faire appliquer rigoureusement les textes, ainsi qu’à inciter les pays parties à payer leur contribution et à sensibiliser les pays non parties à adhérer à la convention, afin d’atteindre les ¾ des 54 pays d’Afrique à la prochaine Cop. (ACI/Blanchard Boté)











