BRAZZAVILLE, 14 FEV (ACI) – Les travaux de la 3ème Conférence des Parties (Cop3) et de la Convention de Bamako tenus du 12 au 14 février à Brazzaville, revêtent une grande importance, non seulement pour l’Afrique, mais pour toute la planète, a indiqué la ministre du Tourisme et de l’environnement du Congo, Mme Arlette Soudan-Nonault.
«Notre planète subit aujourd’hui des pollutions dues en grande partie à une mauvaise gestion des produits chimiques et des déchets dangereux», a-t-elle affirmé lors de la cérémonie d’ouverture des travaux du segment technique de cette Cop3, qui a été placée sous le thème «Des décisions à l’action : œuvrer pour un avenir sans les dangers des produits chimiques et des déchets en Afrique».
Cette importance, a-t-elle souligné, est liée à la prise de conscience par les dirigeants africains, à la nécessité de mettre en œuvre les accords internationaux visant la protection de l’environnement et de la santé humaine, notamment la gestion écologiquement rationnelle des produits chimiques et des déchets dangereux.
Selon Mme Soudan-Nonault, sur les 5 à 7 millions de substances chimiques connues, plus de 80.000 substances sont utilisées par les entreprises dans leurs procédés et opérations de production. Lorsqu’elles sont rejetées dans l’environnement, soit directement sous la forme de déchets, elles sont soumises aux processus naturels de transformation et contribuent à la dégradation de la qualité de l’air, de l’eau, des sols et des sédiments, a-t-elle poursuivi.
Dans son discours d’ouverture, elle a notifié que le mouvement transfrontière de ces déchets dangereux en l’absence du consentement de la partie importatrice est considéré comme un trafic illicite.
«N’oublions pas les équipements électriques et électroniques qui franchissent nos frontières sous diverses formes, généralement en fin de vie et qui constituent le gros des déchets qui inondent aujourd’hui le sol africain», a-t-elle rappelé aux participants. Une fois brûlés dans les décharges, a-t-elle relevé, plus de 1.000 substances, tels que le plomb, le cadmium et le mercure, présentes dans ces déchets, sont aussi libérées dans l’écosystème.
«Il s’agit là d’une grande menace tant pour les pays que pour leurs habitants, compte tenu des graves problèmes que posent ces déchets, aussi bien aujourd’hui que dans le futur», a-t-elle souligné.
Par ailleurs, Mme Soudan-Nonault a fait savoir que, outre les mesures prises au niveau national, plusieurs accords et programmes internationaux ont été mis en place avant de faire face aux risques liés aux produits chimiques et aux déchets dangereux, afin de répondre à la nécessité de réduire, voire d’éliminer leurs effets nocifs sur la santé et l’environnement.
Intervenant à cette cérémonie, la directrice Afrique de l’Onu environnement, Mme Juliette Biao Koudenoukpo, a dit que la protection des groupes vulnérables, des enfants et des communautés pauvres contre les impacts négatifs résultant d’une utilisation dangereuse des produits chimiques et d’une élimination des déchets insalubres a toujours été d’une importance capitale pour tous en tant que continent.
Elle a appelé les pays africains qui n’ont pas encore ratifié la convention de Bamako à le faire dans un premier temps. «Il est important pour ceux qui l’ont ratifiée d’accélérer sa domestication en fournissant le soutien politique, juridique et financier nécessaire», a-t-elle ajouté.
Le nombre de membres de la convention de Bamako, a-t-on appris, est passé de 25, comme lors de la deuxième conférence des parties, à 29 actuellement. Les nouvelles parties sont l’Angola, la Guinée-Bissau, le Libéria et le Rwanda. (ACI/Blanchard Boté)











