BRAZZAVILLE, 11 MAI (ACI) – Le chef de service Hydrographie du groupement d’intérêt économique pour le service commun d’entretien des voies navigables Gie-Scevn, M. Levy Sylver Ayissou, a souligné, le 10 mai à Brazzaville, la nécessité de baliser régulièrement le chenal de navigation, en vue d’assurer le passage des bateaux en toute sécurité.
Il a souligné cette nécessité lors d’interview exclusive accordée à l’Aci sur la question de la pose des balises sur le fleuve Congo ainsi que sur les rivières Oubangui et Sangha. A cette occasion, il a fait savoir que la mise en place des signaux de navigation le long de ces cours d’eau aide à délimiter la voie par laquelle les navires passeront en toute sécurité, car la voie d’eau a souvent des dangers ou des obstacles physiques qui ne sont pas visibles.
Selon lui, ces dangers sont entre autres les rochers, les épaves des barges enfouies dans les profondeurs des eaux et peuvent causer de sérieux dommages parfois fatals aux embarcations.
Parlant des signaux de navigation entre Brazzaville et Bétou, il a dit que ceux-ci dépendent des circonstances et des obstacles physiques et non physiques rencontrés par les baliseurs, d’où leur nombre s’avère important, allant jusqu’à 3.000, parmi lesquels les signaux fixes ou balises et les signaux flottants ou bouées.
S’agissant de la mission de la pose de ces balises, M. Ayissou a fait part des difficultés des équipes chargées de cette opération. Il s’agit, entre autres, du manque de communication dans les zones où la radio Vhf et le Gsm ne passent pas ainsi que le vol des câbles et des planches des signaux de rives par des inciviques. Ces équipes, a-t-il poursuivi, sont constituées de 11 agents, dont chacun a un rôle spécifique pour la réussite des opérations.
Répondant à la question sur les cas d’incivisme, il a souligné que les services de navigation accusent des faiblesses. « Nous sommes inefficaces, car les signaux sont souvent dans les zones inhabitées et le baliseur n’est pas fixe pour protéger ces signaux. Nous demandons aux autorités locales des villages situés le long du fleuve et des rivières de sécuriser le balisage autour de leurs localités», a-t-il fait entendre.

En ce qui concerne la protection de ces panneaux de signalisation contre les intempéries, M. Ayissou a indiqué que celles-ci peuvent être à l’origine de la dégradation des signaux faits en bois. «Pour les sauvegarder, nous les recouvrons d’une couche de peinture», a-t-il précisé, déplorant le manque de système de surveillance des signaux de balisage. «Nous sommes encore en retard. Aujourd’hui, il y a des instruments de surveillance et de gestion des signaux dont disposent les autres Etats, parmi lesquels le Canada et la France», a-t-il ajouté.
En dehors de la rivière Oubangui qui a le caractère d’un fleuve, le Gie-Scevn balise aussi la rivière Sangha, tandis que les autres rivières, qui sont des affluents du fleuve Congo, sont à la charge de l’Etat, a signifié M. Ayissou.
Le Gie-Scevn est une entité sous tutelle de deux Etats, la République du Congo et la République Centrafricaine (Rca), d’où la présence des agents congolais et centrafricains dans les équipes de baliseurs. Ces derniers travaillent en parfaite harmonie, sans complaisance et dans l’ordre.
Au sujet de l’impact de la crise sanitaire due au coronavirus sur le travail de ces équipes, le chef de service Hydrographie a indiqué que le Gie-Scevn n’utilise pas un bâtiment de balisage qui transporte plus de cinquante personnes. Ainsi, pour lutter contre la Covid-19, les équipages sont tenus de respecter chaque fois les règles barrières. (ACI/Achille sylvain Dandaka)











