BRAZZAVILLE, 13 SEPT (ACI) – Le ministre des Finances, du budget et du portefeuille public, M. Christian Yoka, a relevé, le 12 septembre à Kintélé, dans la commune de Brazzaville, l’importance de renforcer le droit fiscal national pour soutenir la justice sociale et le développement durable.
Clôturant les travaux de la 8è édition du colloque international sur la fiscalité, le ministre en charge des Finances a souligné qu’au cours de ces assises, les experts ont planché sur la mobilisation de recettes fiscales et la durabilité, se focalisant sur les secteurs des hydrocarbures et des mines.
Selon lui, cette mobilisation demeure un sujet important pour le Congo, au regard du poids que représente le sous-secteur des hydrocarbures dans les revenus du budget de l’Etat, représentant environ 60% des recettes budgétaires, 58% du PIB et 80% des exportations du pays.
Le ministre Yoka a rappelé que pour les économies reposant largement sur l’exploitation des ressources extractives, principale source des recettes publiques, cette dépendance constitue une opportunité. Car, si les ressources sont gérées selon des politiques publiques cohérentes et des ressources humaines formées, ils peuvent financer durablement le développement.
Cependant, la volatilité des marchés, les pratiques d’optimisation fiscales agressives et la faiblesse des dispositifs de contrôle réduisent l’efficacité des contributions aux budgets.
«Notre objectif est double, améliorer la mobilisation des recettes issues des industries extractives par un cadre fiscal clair, prévisible et équitable ; garantir la soutenabilité ou la durabilité de notre trajectoire en veillant à ce que ces recettes soient utilisées pour diversifier notre économie, protéger l’environnement et préparer la transition énergétique, en investissant dans l’éducation , la santé et les infrastructures », a-t-il expliqué.

Faisant la synthèse des travaux, le directeur du Master 227 de l’Université Paris Dauphine-PSL, M. Arnaud Raynouard, a indiqué que trois tables rondes ont structuré les travaux, Elles ont porté sur la mobilisation des recettes des industries extractives, la lutte contre l’évasion et la délinquance fiscale, ainsi sur la coordination des différents services administratifs, renforçant le dialogue entre le secteur privé, l’administration et la société civile.
A cette occasion, les débats ont mis en lumière plusieurs enjeux entre autres l’importance de l’élargissement de l’assiette fiscale, de la lutte contre la fraude, ainsi que le rôle crucial de la digitalisation pour moderniser l’administration fiscale et rapprocher le contribuable de l’État., a précisé M. Yoka.
Les recommandations issues de ce colloque visent à traduire ces orientations en politiques publiques concrètes, afin de bâtir un système fiscal moderne et efficace au service du développement durable. (ACI)

