BRAZZAVILLE, 30 SEPT (ACI) – la «Revue des pêcheries continentales africaines» du Groupe de la Banque africaine de développement (Bad) recommande aux pays africains d’investir dans la restauration des habitats aquatiques, pour assurer la sécurité alimentaire des millions d’Africains.
Selon un rapport de cette institution africaine parvenue à l’Aci, cette Revue appelle à des investissements urgents dans l’intégration de la pêche dans une gestion plus large des ressources en eau.
Ce rapport décrit le rôle décisif du secteur de la pêche au-delà de la nutrition, en soulignant sa contribution à la résilience, à la diversification des revenus et à la cohésion sociale. Il estime que l’Afrique compte environ cinq millions de pêcheurs, dont la moitié sont des femmes qui dépendant de la pêche continentale.
D’après cette Revue, l’exploitation de ce potentiel ne peut se faire sans une approche harmonisée et intégrée des autres activités nécessaires au développement, de la production d’énergie à l’agriculture et aux activités industrielles.
«Si la pêche continentale a démontré la résilience naturelle face au changement climatique, sa durabilité dépend de la santé des écosystèmes aquatiques et de la bonne gouvernance de l’eau », stipule ce rapport.
En effet, ce rapport préconise des investissements dans la restauration des habitats de poissons dans les paysages modifiés, tels que les réservoirs, l’adoption de solutions fondées sur la nature, comme le rétablissement des flux d’eau naturels, la reconnexion des plaines d’inondation, la dépollution et la restauration des habitats riverains.
De telles mesures permettront non seulement de stimuler la production halieutique, mais aussi d’améliorer la qualité de l’eau et de protéger contre les inondations, poursuit le document.
Cette revue indique que la protection des habitats critiques, notamment dans les zones dégradées comme les marais du lac Victoria et la rivière Falémé, fortement polluée au Sénégal, est identifiée comme une priorité.
Ce rapport souligne également les possibilités de combiner le développement de l’énergie et de la pêche en restaurant les crues artificielles en aval des barrages hydroélectriques, comme cela a été tenté sur le fleuve Tana au Kenya ou sur le fleuve Sénégal.
En septembre 2024, Le Groupe de la Bad et l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (Fao) ont plaidé en faveur d’une plus grande reconnaissance des contributions apportées par la pêche continentale et des opportunités importantes qu’elle peut offrir, en particulier pour les communautés les plus pauvres et les femmes. (ACI)

