Brazzaville, 29 Mai (ACI) – Le Maroc s’est hissé au rang de première économie industrielle du continent africain, devant l’Afrique du Sud, selon les conclusions de l’Indice d’industrialisation en Afrique (Aii) 2025 publié récemment par la Banque africaine de développement (Bad).
Présenté en marge des Assemblées annuelles de la Bad qui se tient du 25 au 29 mai à Brazzaville, ce rapport met en avant la progression de l’économie marocaine, portée notamment par le renforcement de son appareil productif, la diversification de ses exportations et la consolidation de sa stratégie industrielle au cours des dernières années.
L’étude, réalisée sur la période 2010-2024, souligne que le Royaume figure parmi les économies africaines ayant enregistré les avancées les plus significatives en matière d’industrialisation. Cette dynamique a permis au pays de dépasser l’Afrique du Sud dans le classement continental.
Le rapport a été dévoilé conjointement avec le premier Baromètre de l’investissement industriel en Afrique (Afiib), élaboré par le cabinet Witba Invest Sa en partenariat avec Trendeo. Les experts ayant pris part aux discussions ont relevé que l’Afrique du Nord demeure la région la plus attractive du continent en matière d’investissements industriels.
Selon les données présentées, cette région a capté plus de la moitié des investissements industriels cumulés en Afrique entre 2020 et 2025, avec le Maroc et l’Égypte parmi les principaux pôles d’attractivité.
L’Aii 2025 révèle également que 41 pays africains sur 54 ont amélioré leur niveau d’industrialisation durant la période étudiée, traduisant une progression globale du continent estimée à 6 %. Les économies les moins industrialisées ont enregistré les gains les plus importants, illustrant une tendance à la convergence entre États africains.
Malgré ces avancées, la Bad estime que l’industrie africaine reste confrontée à d’importants défis structurels. Le continent représente encore moins de 2 % de la production manufacturière mondiale et environ 1,4 % des exportations manufacturières internationales.

Le rapport note également une baisse de la valeur ajoutée manufacturière par habitant par rapport aux niveaux observés avant 2014, signe des difficultés persistantes liées aux infrastructures, à la compétitivité et à l’intégration régionale.
Les auteurs du document appellent ainsi les États africains à accélérer la mise en œuvre de corridors économiques intégrés, à améliorer les infrastructures logistiques et à harmoniser les normes commerciales dans le cadre de la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf).
Le Baromètre de l’investissement industriel en Afrique recommande par ailleurs aux industries africaines d’engager rapidement leur transition vers des modes de production moins polluants afin d’anticiper les nouvelles exigences environnementales qui devraient être imposées par les marchés européens et américains au cours des prochaines années. (ACI)

