Brazzaville, 03 Juin (ACI) – La Banque africaine de développement (Bad) a annoncé, en marge des Assemblées annuelles, tenues à Brazzaville, la mise en place d’un mécanisme d’accompagnement destiné à soutenir les entrepreneures congolaises dans le cadre de la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf).
Cette annonce a été faite, lors d’une rencontre placée sous le thème « Dialogue : femmes et Zlecaf), organisé par le ministère du Commerce en partenariat avec le Programme des nations unies pour le développement (Pnud).
Intervenant à cette occasion, la directrice de l’intégration régionale de la Bad, Mme Kategekwa Joy a qualifié la Zlecaf d’« instrument historique » pour la transformation économique du continent, appelant à une montée en puissance du commerce intra-africain et de l’industrialisation. Elle a exhorté les entrepreneures à travailler en étroite collaboration avec les pouvoirs publics afin d’identifier les obstacles freinant leur accès au marché continental.
Annonçant la mise en place de ce mécanisme spécifique d’appui aux entrepreneures, elle a signifié que ce dispositif reposera sur une approche en chaîne impliquant les banques commerciales, appelées à jouer un rôle d’intermédiation financière auprès des entreprises, en coordination avec les gouvernements.
A cet effet, la Bad travaillera avec le ministère en charge de la Zlecaf à l’élaboration d’un programme spécifique « Congo-ZLECAF », destiné à renforcer les capacités des entreprises locales, notamment celles dirigées par des femmes et des jeunes.
Ouvrant les travaux, la ministre du Commerce, des approvisionnements et de la consommation, chargée de la Zlecaf, Mme Jacqueline Lydia Mikolo a rappelé que la création d’un département ministériel traduit la volonté des autorités de renforcer l’intégration du Congo au marché africain.
Elle a souligné le rôle central des femmes dans le commerce et l’entrepreneuriat, appelant à un accompagnement accru pour leur permettre de mieux profiter des opportunités offertes par la Zone de libre-échange continentale.
Intervenant à cette occasion, la représentante résidente du PNUD au Congo, Mme Adama Dian Barry, a indiqué que le marché continental africain représente un espace économique de plus de 1,5 milliard de consommateurs, offrant des perspectives importantes de croissance pour les entreprises.
Selon elle la transformation locale des matières premières et la promotion des produits fabriqués en Afrique constitue l’un des leviers pour réduire les importations et renforcer la compétitivité économique du Congo.
S’exprimant au nom des participantes, la promotrice de la marque Biotropique Santé, Mme Angésica Lumetto, a salué les perspectives offertes par le marché continental, tout en appelant les entreprises à se préparer à une concurrence accrue. Elle a rappelé que la Zlecaf représente à la fois une opportunité et une pression concurrentielle importante, en ouvrant l’accès à un marché de 54 pays et de millions de consommateurs.
Elle a toutefois relevé plusieurs défis auxquels les entrepreneures congolaises font face, notamment les difficultés de transport et de logistique, les problèmes de conservation des produits, l’insuffisance de chambres froides négatives ainsi que les contraintes liées à la certification et aux normes d’accès aux marchés régionaux et continentaux.
Selon elle, seules les entreprises capables d’innover et d’améliorer la qualité de leurs produits pourront tirer profit de la Zlecaf. (ACI)

