Brazzaville, 03 Juin (ACI) – Plusieurs plateformes et organisations de la société civile (Osc) ont appelé le gouvernement à retirer la note de service du ministère en charge des Peuples autochtones, subordonnant désormais les interventions des organisations non gouvernementales (Ong) et de leurs partenaires auprès des populations autochtones à une autorisation écrite préalable de l’autorité ministérielle compétente.
Dans une déclaration rendue publique le 1er juin à Brazzaville, ces organisations indiquent avoir pris connaissance de cette note, datée du 18 mai 2026 et émise par la Direction générale de la promotion des peuples autochtones, laquelle demande également aux directions départementales d’en assurer l’application.
Selon les signataires de la déclaration, cette mesure serait contraire aux dispositions de la Constitution ainsi qu’à la loi portant promotion et protection des droits des populations autochtones, en limitant les possibilités de collaboration entre celles-ci et les organisations de la société civile.
Les Osc soutiennent, en outre, que la note visée n’a pas fait l’objet d’une consultation préalable des populations concernées, pourtant prévue par les textes encadrant la protection de leurs droits. Selon elles, cette disposition pourrait restreindre la liberté de ces populations de choisir les partenaires avec lesquels elles souhaitent travailler dans le cadre de projets de développement ou d’initiatives communautaires.
Les signataires relèvent que le décret fixant les attributions et l’organisation de la Direction générale de la promotion des peuples autochtones ne lui conférerait pas le pouvoir de régulation ou de restriction des activités des partenaires intervenant en faveur de ces communautés.
A en croire ces Osc, l’instauration d’un régime d’autorisation préalable risque également d’alourdir les procédures administratives, de ralentir la mise en œuvre des projets destinés aux populations autochtones et de compromettre les efforts engagés en faveur de la promotion de leurs droits.
Toutefois, elles réaffirment leur engagement à accompagner les politiques publiques en faveur des populations autochtones et annoncent leur intention d’engager, dans le respect de la législation en vigueur, les démarches nécessaires en vue d’obtenir l’annulation de cette note de service.
Elles appellent également les partenaires techniques et financiers à veiller au respect des engagements nationaux et internationaux relatifs à la promotion et à la protection des droits des populations autochtones.
Parmi les organisations signataires figurent notamment la Plateforme pour la gestion durable des forêts (Pgdf), le Cadre de concertation des Ong de développement (Ccod), le Réseau Climat Congo (Rcc), le Réseau national des populations autochtones du Congo (Renapac), le Réseau pour la justice des ressources naturelles (Rjrn). A ceux-là s’ajoutent plusieurs autres organisations de la société civile engagées dans les domaines de l’environnement, de la gouvernance et des droits humains. (ACI)

