Brazzaville, 17 Juin (ACI) – La coalition congolaise “Publiez ce que vous payez (Pcqvp)” a appelé le gouvernement congolais et le Fonds monétaire international (Fmi) à engager des réformes profondes dans la gouvernance des ressources naturelles, afin de maximiser les recettes publiques, renforcer les financements des secteurs sociaux de base et promouvoir une plus grande transparence dans la gestion des finances publiques.
Cet appel figure dans une note de position rendue publique, le 17 juin à Brazzaville à l’occasion d’une conférence de presse. A cette occasion, le coordonnateur de la coalition, M. Christian Mounzéo, a souligné la nécessité de tirer les enseignements des programmes antérieurs afin de garantir une meilleure prise en compte des défis liés à la gouvernance, à la transparence et à la redevabilité.
Selon lui, le futur accord devrait accorder une attention particulière à la gestion de la dette publique, à la mobilisation des recettes fiscales ainsi qu’à la publication des contrats et engagements financiers conclus par l’État. Il a également insisté sur la nécessité de rendre accessibles aux citoyens, aux médias et aux organisations de la société civile les informations relatives à la gestion des ressources publiques.

A cet effet, la coalition recommande notamment la mise en œuvre effective du registre des bénéficiaires effectifs des entreprises opérant au Congo, estimant que cette mesure permettrait d’identifier les véritables propriétaires des sociétés et d’améliorer le recouvrement des recettes fiscales.
Abordant la question de l’endettement, M. Mounzéo a plaidé pour une plus grande transparence dans la gestion des accords financiers conclus avec certains partenaires internationaux, tels que ceux adossés aux ressources pétrolières. Il a préconisé un meilleur contrôle parlementaire et citoyen des contrats ainsi qu’une divulgation plus large de leurs dispositions.
Pour sa part, le secrétaire permanent de la coalition, M. Brice Mackosso, a indiqué que la note de position formule plusieurs recommandations destinées à accroître les ressources de l’État et à améliorer leur gestion.
Parmi celles-ci figurent la révision de certains mécanismes de fiscalité pétrolière, l’audit du compte de garantie lié aux accords de financement conclus avec la Chine, ainsi que le rapatriement de ce compte dans l’espace de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac), afin de renforcer les mécanismes de contrôle et de suivi.
La coalition préconise également l’adoption d’une législation interdisant le recours aux préfinancements pétroliers, une pratique qu’elle considère comme préjudiciable à la soutenabilité des finances publiques.
Dans sa note, Pcqvp recommande en outre le renforcement du cadre juridique relatif à l’accès à l’information publique, à la protection des lanceurs d’alerte et à l’appui des médias ainsi que des organisations de la société civile engagés dans le suivi de la gestion des ressources publiques.
À travers ces propositions, la coalition entend contribuer à l’élaboration d’un programme économique susceptible de favoriser une gestion plus transparente des ressources naturelles, une meilleure mobilisation des revenus de l’État et un accroissement des investissements dans les secteurs sociaux prioritaires, notamment l’éducation, la santé, l’accès à l’eau potable et à l’électricité, a-t-on indiqué. (ACI)

