Brazzaville, 22 Oct (ACI) – Le représentant du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (Hcr) en République démocratique du Congo (Rdc), M. Maurice Azonnankpo, a appelé, le 20 octobre à Kintélé, les deux États à garantir les conditions nécessaires à la réintégration durable des réfugiés congolais de retour en Rdc, notamment en matière de sécurité, d’accès aux services sociaux de base, aux documents d’état civil, à la terre et aux moyens de subsistance.
S’exprimant à l’ouverture de la sixième réunion de la commission tripartite réunissant les gouvernements de la République du Congo, de la Rdc et le Hcr, consacrée au rapatriement librement consenti des réfugiés de la Rdc vivant au Congo, il a souligné que la réussite des retours dépendait de la capacité des États à garantir des conditions favorables à la réinstallation et à la réinsertion sociale des rapatriés.
Il a insisté sur le rôle des autorités nationales, provinciales et locales dans la préparation et le suivi des retours, ainsi que sur la nécessité de garantir aux réfugiés un choix libre et éclairé. Considérés comme une ressource humaine précieuse, les rapatriés peuvent contribuer au développement de leurs communautés et à la consolidation de la paix, a-t-il estimé.
M. Azonnankpo a réaffirmé l’engagement du Hcr à accompagner les deux gouvernements dans la recherche de solutions durables. Il a rappelé que plus de 120 000 réfugiés congolais étaient volontairement rentrés en Rdc au cours des seize dernières années, saluant également l’hospitalité du gouvernement et du peuple congolais envers les personnes ayant fui les violences, notamment dans la province du Maï-Ndombe.
De son côté, la ministre congolaise des Affaires sociales et de l’Action humanitaire, Mme Marie-France Lydie Hélène Pongault, a souligné que le rapatriement devait tenir compte de la sécurité, de la protection et des conditions de réintégration dans les zones de retour. Elle a insisté sur le caractère volontaire du processus et la nécessité d’une préparation adéquate, malgré les défis humanitaires persistants.
Pour sa part, la ministre d’État, ministre des Affaires sociales, des Actions humanitaires et de la Solidarité nationale de la Rdc, Mme Ève Bazaiba Masudi, a plaidé pour une responsabilité partagée fondée sur la protection des réfugiés, le respect de leur dignité et la recherche de solutions durables.
Elle a évoqué la possibilité d’élargir le champ d’application de l’accord tripartite signé à Kinshasa le 10 juin 2010, afin d’inclure les réfugiés ayant fui les violences de Kwamouth, à l’instar des personnes déplacées lors des conflits d’Enyele, en 2009, et de Yumbi, en 2018.
Malgré la persistance de poches d’insécurité dans certaines localités du Maï-Ndombe, le gouvernement de la Rdc poursuit ses efforts de stabilisation et de restauration de la paix pour favoriser les retours volontaires. Un forum de paix et de réconciliation sera organisé afin de renforcer la cohésion sociale, de promouvoir le vivre-ensemble et de prévenir de nouveaux déplacements, a-t-elle indiqué.
Mme Bazaiba Masudi a réaffirmé la disponibilité de son pays à accompagner les retours volontaires et souligné l’importance d’une coordination étroite entre les deux gouvernements et le Hcr. Elle a remercié la République du Congo pour son hospitalité ainsi que le Hcr pour son assistance humanitaire.
Les deux pays avaient examiné cette question à Kinshasa en juin 2019, mais que la mise en œuvre des recommandations avait été ralentie par la pandémie de Covid-19 et les événements survenus en 2022, a-t-elle rappelé. (ACI/Sissi Simone et Nice Apekara)

