Brazzaville, 22 Oct (ACI) – La mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf) pourrait augmenter de plus de 11 % les revenus des commerçantes et des entrepreneures d’ici à 2035, a indiqué, le 21 octobre à Brazzaville, la représentante du Programme des Nations unies pour le développement (Pnud), Mme Adama Dian Barry.
S’exprimant à l’ouverture d’une conférence régionale consacrée au renforcement de la participation des femmes au commerce dans le cadre de la Zlecaf, elle a souligné que cet accord pourrait également faciliter la transition des opératrices économiques du secteur informel vers l’économie formelle.
Les femmes restent confrontées à plusieurs difficultés, notamment l’accès limité aux financements et à l’information commerciale, ainsi que les obstacles à la formalisation de leurs activités. Pour y remédier, le Pnud préconise le renforcement des capacités entrepreneuriales, la création de réseaux professionnels et le regroupement des petites entreprises afin de leur permettre de répondre à des commandes importantes.
« Il n’y aura pas de marché africain inclusif sans les femmes », a-t-elle affirmé, estimant que les entrepreneures doivent être considérées non comme de simples bénéficiaires de l’intégration commerciale, mais comme des actrices centrales de sa mise en œuvre.
Pour sa part, le directeur des marchés de la Commission de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (Ceeac), M. Jacob Kotcho Bongkwaha, a mis en avant le poids démographique et économique des femmes et des jeunes dans la région.
« L’Afrique centrale compte environ 220 millions d’habitants, dont 60 % ont moins de 25 ans. Les femmes représentent la moitié de cette population et contribuent de manière déterminante à la vie économique et sociale », a-t-il souligné.
Il a aussi relevé l’importance de l’économie informelle, qui représente jusqu’à 80 % de l’emploi total dans la région. Les femmes y occupent une place prépondérante, avec près de 70 % des activités informelles, tandis que les jeunes représentent près de la moitié des créateurs d’entreprises.

M. Kotcho Bongkwaha a présenté le protocole de la Zlecaf relatif aux femmes et aux jeunes dans le commerce comme un levier pour faciliter leur accès aux marchés et renforcer leurs capacités entrepreneuriales. Adoptée en 2024, la stratégie régionale accorde également la priorité à leur intégration dans les chaînes de valeur et au développement de leurs capacités productives.
De son côté, le secrétaire général du Secrétariat de la Zlecaf, M. Wamkele Mene a insisté sur la nécessité de traduire les engagements des États en mesures concrètes, afin de permettre aux femmes et aux jeunes entrepreneurs de tirer pleinement profit du marché continental.
Selon les projections de la Banque mondiale, la Zlecaf pourrait accroître les revenus de l’Afrique de 9 % d’ici à 2035, générer 571 milliards de dollars de recettes supplémentaires et contribuer à la création de 18 millions d’emplois.
Malgré leur contribution aux échanges commerciaux, notamment transfrontaliers, les femmes continuent de faire face à des obstacles liés à l’accès aux financements, aux marchés et à l’information commerciale, ainsi qu’à la formalisation de leurs activités.
Les participants sont notamment appelés à promouvoir les regroupements d’entreprises autour de chaînes de valeur, afin de mutualiser leurs capacités de production, de répondre à des commandes plus importantes et de conquérir de nouveaux marchés.
Placée sous le thème « Libérer le potentiel économique des femmes d’Afrique centrale pour accélérer la mise en œuvre de la Zlecaf», cette réunion de trois jours permettra aux représentants des gouvernements, des institutions régionales, des partenaires au développement et du secteur privé, venus de différents horizons, d’élaborer une feuille de route régionale, d’adopter la Déclaration de Brazzaville et de lancer un réseau Zlecaf pour l’Afrique. (ACI/Marlyce Tchibinda Batchi)

