Brazzaville, 22 Oct (ACI) – L’écrivain et journaliste congolais Asie Dominique de Marseille a présenté et dédicacé, le 21 octobre à Brazzaville, son douzième ouvrage intitulé « Condamné par la peau », publié aux éditions Jets d’Encre, à Paris, en France.
Présenté lors d’une rencontre littéraire, ce roman de 110 pages est structuré en 11 chapitres qui abordent notamment les conflits, le recours à la justice, le procès, la vie carcérale et l’espoir d’un changement.
L’histoire met en scène Mbele-Mva, un professeur de droit noir titulaire d’une agrégation obtenue en Occident, confronté à des préjugés malgré ses compétences et son parcours universitaire. À la suite d’un incident avec un étudiant, il est condamné à une peine de prison, ce qui l’amène à s’interroger sur l’application du droit et l’influence des stéréotypes dans les décisions judiciaires.
À travers le parcours de ce personnage, l’auteur questionne l’égalité devant la loi et met en évidence les contradictions entre les principes juridiques et leur application dans une société encore marquée par les discriminations.
Prenant la parole à cette occasion, Asie Dominique de Marseille a plaidé en faveur de la reconnaissance d’une humanité unique, caractérisée par la diversité des couleurs et des cultures, qu’il considère comme une richesse plutôt qu’un motif de division. « Il n’y a qu’une seule humanité », a-t-il martelé, invitant les peuples à dépasser les considérations liées à l’apparence pour privilégier le mérite, les compétences et l’équité entre les individus.
L’auteur a également dénoncé la persistance des discriminations dans plusieurs secteurs de la société, notamment l’enseignement supérieur, le monde professionnel, le sport et l’accès à la justice. Il a déploré que les capacités intellectuelles et professionnelles de certaines personnes soient encore remises en question en raison de leur origine ou de leur couleur de peau.
Selon lui, la lutte contre ces pratiques ne saurait se limiter à l’adoption de textes législatifs, mais nécessite également une évolution des mentalités et une volonté collective de faire respecter les principes de justice.

« La peau n’a rien à voir » avec les compétences et le mérite, a-t-il souligné, estimant que la valeur d’un individu doit être appréciée à l’aune de ses connaissances, de ses aptitudes et de ses actes, plutôt qu’en fonction de son apparence physique.
Par ailleurs, Asie Dominique de Marseille a présenté la diversité humaine comme une source d’enrichissement, illustrée par l’expression « humanité arc-en-ciel », dans laquelle les différentes couleurs contribuent à la beauté du monde.
Inscrivant sa démarche littéraire dans une perspective universelle, au-delà des frontières nationales et culturelles, l’écrivain entend faire de la littérature un outil de sensibilisation aux enjeux des sociétés contemporaines, notamment la démocratie, la justice et le vivre-ensemble.
À travers son livre « Condamné par la peau », il a lancé un appel à la tolérance et au respect mutuel, en faveur d’une société où les différences physiques ne constituent plus un facteur d’exclusion, mais une composante naturelle de la diversité humaine.
Présentant l’ouvrage, le critique littéraire Pierre Ntsemou a souligné que la lutte contre les préjugés constitue un devoir moral pour tous. « Ensemble, nous pouvons créer un avenir où chaque individu est respecté, dont les différences sont célébrées et l’amour triomphe de la haine », a-t-il déclaré.
Né à Ewo, en République du Congo, Asie Dominique de Marseille est diplômé en journalisme. Il a fondé les journaux Le Choc et Le Congolais révolté, respectivement en 1991 et en 1993, avant de poursuivre sa carrière dans les médias audiovisuels d’État. Il a également été nommé membre du Conseil supérieur de la liberté de communication. (ACI)

