Brazzaville, 29 oct. (ACI) – Le président exécutif de la mutuelle Lisungui E2c SA, M. Égide Oko Engambé, a indiqué, le 27 octobre à Brazzaville, que la construction de nouveaux barrages hydroélectriques, le renouvellement du réseau électrique et la réforme de la gouvernance des sociétés du secteur figurent parmi les mesures à prendre pour remédier aux délestages récurrents à Brazzaville et à Pointe-Noire.
S’exprimant lors d’une interview accordée à l’Agence congolaise d’information (Aci), consacré aux difficultés du secteur électrique, M. Oko Engambé, ancien agent de la société Énergie électrique du Congo (E2c), a estimé que l’insuffisance des capacités de production et la vétusté des infrastructures constituent des obstacles majeurs à une alimentation régulière en électricité.
Selon lui, la croissance démographique des grandes agglomérations, la multiplication des branchements et l’augmentation de la demande exercent une forte pression sur les installations existantes. Il a ainsi plaidé pour la construction de nouveaux barrages, notamment ceux de Sounda dans le département du Kouilou et de Kitéké dans le district de Boko (département du Pool), afin d’accroître la capacité de production du pays.
Le président de Lisungui E2c SA estime que le renouvellement du réseau de distribution devra contribuer également à résoudre le problème de pénurie d’énergie dans ces deux villes. Il rappelle que certaines infrastructures datent des années 1952-1953 et ne sont plus adaptées aux besoins actuels.
De même, il a évoqué plusieurs autres maux occasionnant les délestages notamment l’espacement entre les postes transformateurs, les longues distances de distribution et les branchements frauduleux, susceptibles de provoquer des courts-circuits et d’endommager les équipements.
Pour M. Oko Engambé, l’État doit mobiliser les ressources nécessaires à la construction de nouvelles infrastructures, à l’installation de grands postes transformateurs et au remplacement des équipements défectueux. Il a également appelé à renforcer les moyens matériels de E2c, estimant que les compétences techniques existent au sein de l’entreprise, mais que le manque d’équipements limite leur efficacité.
Abordant la gouvernance du secteur, il a plaidé pour une révision du cadre juridique et institutionnel des sociétés concernées. Il a demandé le réexamen des textes et des statuts encadrant E2c et la société Lcde, afin de mieux équilibrer les responsabilités entre les autorités de tutelle et les dirigeants des entreprises.
Il a par ailleurs dénoncé ce qu’il considère comme des dysfonctionnements dans la désignation de certains responsables et actionnaires, et appelé à davantage de transparence et de responsabilité dans la gestion des sociétés publiques. Il a fait savoir que leur organisation a déjà adressé, à cet effet, plusieurs courriers aux institutions habilitées à trouver des solutions, dont le ministère de tutelle, l’Assemblée nationale et le Sénat, pour faire part de ses préoccupations.
Concernant l’Assemblée générale des travailleurs de l’entreprise, il a dit ne pas pouvoir se prononcer sur son organisation, cette question relevant d’abord du syndicat de l’entreprise. Il a toutefois insisté sur le respect des procédures applicables à la tenue de ce type de réunion.
M. Oko Engambé a souhaité que le gouvernement mette tout en œuvre pour améliorer les conditions de travail des agents et engager les investissements nécessaires pour renforcer durablement la desserte en électricité au Congo. (ACI)

