Pointe-Noire, 31 Août (ACI) – Les participants à l’atelier régional de renforcement des capacités des pays de la Cémac sur la production des statistiques du travail, alignées aux derniers standards internationaux ont appelé les Etats membres de cette institution sous régionale à accélérer la transition des enquêtes ponctuelles sur la main-d’œuvre vers des dispositifs trimestriels, afin d’assurer un suivi régulier et conjoncturel du marché du travail.
À l’issue de cet atelier tenu du 19 au 27 août à Pointe-Noire, en République du Congo, dans le cadre du Projet d’harmonisation et d’amélioration des statistiques en Afrique de l’Ouest et du Centre (Phasaoc), ces experts des Instituts nationaux de la statistique (Ins) des six Etats ont suggéré également à la commission de la Cémac de poursuivre l’alignement des instruments nationaux sur les normes internationales.
Ayant constaté des limites dans les dispositifs actuels et mesuré avec précision la situation des jeunes sur le marché du travail, les participants ont recommandé le renforcement de l’exploitation des données administratives issues notamment de la sécurité sociale, de la fonction publique et des services de l’emploi, et la mise en place d’un point focal au sein de chaque Ins pour assurer le suivi des activités liées aux statistiques du travail.
Outre cela, ils ont exhorté cette Commission à poursuivre l’élaboration et la validation d’un cadre de référence harmonisé des enquêtes sur la main-d’œuvre et à élaborer une feuille de route communautaire assortie d’un calendrier régional.
Clôturant ces assises, le commissaire de la Cémac chargé du département des politiques économiques, monétaires et financières, M. Nicolas Béhémé Nguema, a déclaré que les travaux ont permis de poser les bases d’une meilleure coordination des dispositifs statistiques des Etats membres.
« Nous savons que l’informel domine nos marchés du travail. Nous ne savons pas le mesurer partout de la même manière, ni en suivre l’évolution. Nous savons désormais où chacun se situe, ce qui lui manque (…) », a-t-il dit
Pour lui, l’enjeu est désormais de transformer les acquis de cet atelier en dispositifs statistiques réguliers, harmonisés et comparables, capables de fournir aux décideurs des données fiables sur le marché du travail fiables, pour mieux répondre aux défis de l’emploi des jeunes et contribuer à une meilleure orientation des politiques de leur insertion professionnelle.
Selon les organisateurs, les économies de la Cémac sont caractérisées par une forte prévalence de l’emploi dans le secteur informel, et représentent généralement entre 80% et 90% de l’emploi total, une forte incidence du sous-emploi.
Cet atelier était organisé par la Commission de la Cémac à travers le projet d’Harmonisation et d’amélioration des statistiques en Afrique de l’ouest et du centre (Hiswaca), en partenariat avec la Banque mondiale et le Bureau international du travail (Bit). Il a réuni une quarantaine de participants issus, entre autres, des Ins des six Etats membres de la Cémac, des ministères en charge de l’Emploi, et la représentation de la Cémac au Congo.
Les travaux ont porté, entre autres, sur les résolutions des 19e, 20e et 21e Conférences internationales des statisticiens du travail (Cist), concernant les formes de travail, la sous-utilisation de la main-d’œuvre, la classification internationale d’après la situation dans l’emploi ainsi que la distinction entre emploi formel et informel. (ACI)

