Brazzaville, 15 Mai (ACI) – Le président du Groupe de la Banque africaine de développement (Bad), le Dr Sidi Ould Tah, a récemment présenté la Nouvelle architecture financière africaine pour le développement (Nafad) comme une réponse à l’incapacité du continent à transformer des liquidités abondantes en capitaux investissables à grande échelle.
« L’Afrique n’est pas pauvre en capitaux, mais l’Afrique est pauvre en capacité de transformation du risque », a souligné le Dr Sidi Ould Tah à l’issue du Sommet Africa Forward à Nairobi au Kenya.
Présentant la Nafad aux décideurs et investisseurs mondiaux, il a noté que le défi de l’Afrique ne réside pas dans un manque de capitaux, mais plutôt dans l’absence de mécanismes capables de transformer le risque et d’attirer les investissements à long terme.
En effet, l’Afrique dispose de près de 4 000 milliards de dollars d’épargne intérieure, et son besoin de financement au développement est estimé à 400 milliards de dollars par an, a fait savoir le président du Groupe de la Bad.
De plus, le continent n’attire que 1 % des capitaux institutionnels mondiaux, et seulement 4 % des investissements directs étrangers mondiaux, a relevé le Dr Sidi Ould Tah.
Par ailleurs, il a identifié un déficit annuel critique en matière de garanties et d’assurances, estimé entre 40 et 50 milliards de dollars, comme l’une des principales raisons pour lesquelles les investissements transformateurs peinent à aboutir au bouclage financier sur le continent.
En vue d’une meilleure structuration de ces garanties, il a prôné l’Atidi, l’assureur panafricain d’investissements et de crédits basé à Nairobi, comme l’institution phare chargée d’ancrer l’architecture continentale de garantie de l’Afrique.
Lancée en avril 2026 à Abidjan en Côte-d’Ivoire, la Nafad est une initiative de la Bad, qui vise à réorganiser le financement du développement sur le continent, grâce à la mobilisation des capitaux locaux et la coordination des acteurs financiers, pour combler le déficit de financement. (ACI)

