Brazzaville, 08 Juin (ACI) – Les cadres et experts impliqués dans la gestion des tourbières du Bassin du Congo prennent part du 8 au 12 juin à Brazzaville, à un atelier technique consacré au suivi des tourbières, à l’intégration des données et aux applications climatiques, en vue de renforcer leurs capacité sur de préservation de la biodiversité, le suivi des stocks de carbone et la gestion des réserves en eau de ces écosystèmes stratégiques.
L’atelier est organisé par le ministère de l’Environnement, du Développement durable et du Bassin du Congo en collaboration avec l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (Fao) et d’autres partenaires.
Au cours des travaux, les participants approfondissent leurs connaissances techniques et analytiques sur l’utilisation des outils de télédétection avancés, notamment le Système pour l’accès, le traitement et l’analyse des données pour la surveillance des terres (Sepal) et Google Earth Engine. Ces plateformes favorisent la cartographie, le suivi et la détection des changements affectant les tourbières.
L’atelier met également l’accent sur l’intégration des données de terrain relatives à la profondeur de la tourbe, à la biomasse et à l’hydrologie avec les données satellitaires. Cette approche vise à améliorer les compétences des participants dans le traitement, le nettoyage, l’analyse et l’interprétation des données, tout en renforçant leur compréhension des incertitudes et des limites liées à ces informations.
Par ailleurs, les participants seront initiés aux mécanismes de Mesure de notification et vérification (Mnv), afin de mieux appréhender la contribution du suivi des tourbières aux Systèmes nationaux de surveillance des forêts (Snsf) et aux cadres nationaux de suivi des engagements climatiques.
Ouvrant les travaux, le directeur de l’Écologie et des ressources naturelles au ministère en charge de l’Environnement, M. Narcisse Ofoulou, a indiqué que cette deuxième phase de formation, plus avancée et opérationnelle, vise à renforcer les capacités techniques, institutionnelles et nationales nécessaires à l’opérationnalisation des systèmes de surveillance des tourbières grâce à une meilleure intégration des données de terrain.
Selon lui, cette initiative contribuera aussi à rapprocher les systèmes de suivi des opportunités de prise des décisions stratégiques et de financement climatique. Il a exhorté les participants à s’impliquer davantage pour l’atteinte des objectifs fixés.
Prenant la parole à cette occasion, la représentante résidente de la Fao au Congo, Mme Ricarda Mondry, a rappelé que les tourbières du Bassin du Congo constituent l’un des plus importants réservoirs de carbone tropical au monde. Leur préservation demeure essentielle pour la lutte contre les changements climatiques, la conservation de la biodiversité et le maintien des services écosystémiques.

Elle a souligné que la disponibilité de données fiables sur les tourbières peut soutenir la mise en œuvre des programmes Redd+, l’élaboration des inventaires nationaux de gaz à effet de serre, les systèmes de transparence climatique ainsi que l’accès à des financements fondés sur les résultats et aux marchés volontaires du carbone.
Rappelant aussi que les tourbières stockent d’importantes quantités de carbone, abritent une biodiversité exceptionnelle et fournissent des services écosystémiques essentiels aux populations locales, elle a encouragé à participer activement aux discussions, aux travaux pratiques et aux échanges d’expériences.
Mme Mondry a, par ailleurs, réaffirmé l’engagement de la Fao à accompagner le Congo et les autres pays du Bassin du Congo dans le développement des compétences, des outils et des systèmes nécessaires à la gestion durable des ressources naturelles et au respect de leurs engagements climatiques nationaux et internationaux. (ACI)

