Afrique/Musique : Les femmes congolaises valorisées à travers un film documentaire sur la Rumba

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Brazzaville, 26 Juil (ACI) – La réalisatrice cinéaste, Yamina Benguigui, a valorisé les femmes de la République du Congo et celles de la République démocratique du Congo, précurseurs du genre musical «La Rumba», à travers un film documentaire de 70 minutes, intitulé «Rumba congolaise, les héroïnes», visant la reconnaissance et le succès de ladite danse.

Dans le cadre des festivités liées à la 12e édition du Festival panafricain de musique (Fespam), célébrées du 19 au 26 juillet à Brazzaville, ce film qui met en lumière les femmes des deux Congo, a été projeté devant le Président de la République, M. Denis Sassou-N’Guesso.

La réalisation de ce 2e film par Mme Benguigui pour le Congo a été inspiré à la suite d’un constat qu’elle a faite lors d’une cérémonie retraçant l’historique de la rumba congolaise à l’Unesco qui, n’avait pas pris en compte le rôle de ces femmes dans cette aventure, inscrite au patrimoine mondiale de l’Unesco en 2023.

Ce film retrace le parcours professionnel de quelques femmes. Il s’agit notamment de Lucie Eyenga, première artiste congolaise de la Rdc à chanter la rumba, de Mbilia Bel, de Faya Tess, de Barbara Kanam, toutes de la République démocratique du Congo, et de Mariusca Mukengue du Congo Brazzaville.

«C’était important pour moi de sortir toutes ces femmes de l’invisibilité, (…). Ce documentaire raconte aussi leur place dans l’histoire, notamment la colonisation, l’arrivée des indépendances », a notifié Mme Benguigui à la fin de cette projection.

Pour sa part, Mme Barbara Kanam, a salué le travail de la réalisatrice qui, selon elle, a mis toute son énergie pour que toutes ces femmes soient aujourd’hui reconnues. Une initiative marquant un grand départ, pour reconnaitre l’impact de la Rumba, a-t-elle poursuivi.

«Aujourd’hui, je suis convaincue que les choses vont aller de l’avant et j’appelle tous les amoureux et partenaires de la Rumba, à soutenir la musique, parce que la culture est un levier de développement, un moyen de réconcilier, de mettre les gens ensemble, mais aussi de dénoncer et parler de certaines choses faites contre la femme », a-t-elle soutenu.

De son côté, Mariusca Moukengue, du Congo Brazzaville, a souligné que ce documentaire est une opportunité de montrer le talent féminin. L’artiste musicien, a-t-elle dit, est la voix des sans voix et le miroir de la société. A ce titre, il est important pour eux, de pouvoir parler des faits qui dominent leurs communautés, et d’être à la fois, des donneurs d’espoir et des sonneurs d’alerte.

Intervenant à cette occasion, la représentante de l’Unesco au Congo, Mme Fatoumata Barry Marega, a précisé que tout ce travail a été rendu possible grâce à l’engagement des politiques de deux pays, des experts de la culture, de l’Unesco et les Etats membres de cette institution onusienne.

La Rumba est un patrimoine à protéger, soulignons qu’au-delà de cette protection se trouve d’autres filières, notamment la créativité, la musique, le numérique, les droits d’auteurs, et toute cette approche pédagogique permettant de sensibiliser, renforcer les capacités des artistes et la protection de leurs œuvres, a-t-elle rappelé. (ACI/Blanchard Bote)