Brazzaville, 20 Août (ACI) – L’Ecole supérieure des sciences (Eds) a organisé le 19 août à Brazzaville, un tournoi d’éloquence et plaidoyer juridique, intitulé “Serious games”, mettant en exergue des étudiants de la faculté des Sciences juridiques et politiques dudit établissement pour les aider à mieux représenter les acteurs du droit qu’ils comptent incarner dans le futur.
Ayant pour principaux critères de notation, la qualité oratoire, la force de réfutation, et le raisonnement, ce tournoi s’est principalement constitué en deux phases.
La première phase a donné lieu à quatre face-à-face, opposant, chacun, deux étudiants en 2e année de droit, autour de plusieurs thèmes, entre autres, « L’espace numérique et les libertés individuelles », « L’éco-justice face au développement économique », « L’intelligence artificielle et la personnalité juridique », ainsi que « La justice traditionnelle face au droit positif ».
Pendant ces duels, chaque concurrent a eu droit à sept minutes pour réaliser un plaidoyer. L’un défendait une idée que l’autre était totalement sensé contredire. Ces confrontations ont été dirigées par un jury composé de deux membres, notamment, MM. Philippe Bataille et Bovaris Bango, respectivement magistrat des tribunaux français et enseignant de droit.
Auteure du meilleur plaidoyer, Mme Serena Mbondia Moukos a obtenu la meilleure note de 18,50/20. À travers le thème « L’intelligence artificielle et la personnalité juridique », elle a brillamment plaidé en faveur du maintien immuable de l’humanisme juridique, précisant que la personnalité juridique et le droit d’auteur devraient demeurer le monopole de l’homme, contrairement à sa concurrente qui a plaidé pour que le statut de “personnalité juridique” ou des droits d’auteur soient accordés aux systèmes d’intelligence artificielle.
Fière de cette distinction, Mme Mbondia qui ambitionne de devenir avocate, s’est dite émue. « C’est grâce à mon éloquence que j’ai pu persuader le jury à m’attribuer la meilleure note. Bien qu’ayant été stressée un moment, j’ai dû faire preuve de détermination pour me surpasser » a-t-elle affirmé.
La deuxième phase a connu l’implication de plusieurs étudiants dans un procès fictif dont l’affaire a impliqué plusieurs personnages, parmi lesquels la directrice générale d’une start-up établie à Brazzaville, Mme Fanaelle Binza faisant office d’accusée, et principale suspecte dans le meurtre de l’ingénieur en chef de ladite société, M. Christian Mwamba.
Sérieux dans l’exercice de leurs rôles, les acteurs ont bénéficié de l’expertise de M. Bataille. Président de la cour lors dudit procès, il a parfois arrêté la scène pour prodiguer des conseils aux étudiants et à l’assistance, dans les conditions d’un vrai procès impliquant toutes les personnalités présentes dans une cour de justice.
Pour sa part, le promoteur de l’Eds, M. Eli Ngo, s’est dit impressionné par la performance de ses apprenants qui, pour la plupart, ne disposaient pas de l’art oratoire, et ont été timides au moment où ils ont intégré cet établissement. Selon lui, il a suffi environ deux mois pour leur redonner confiance et développer leur potentiel.
« La population congolaise peut être rassurée que l’avenir de notre justice est bien assuré. Tous ces jeunes reflètent l’image d’un Congo qui gagne et d’une Afrique audacieuse et debout » a-t-il indiqué. (ACI)

