Brazzaville, 1er Avril (ACI) – Les habitants du quartier Massengo à Djiri, dans le 9ᵉ arrondissement de Brazzaville, ont exprimé leur mécontentement face aux odeurs nauséabondes provenant de la décharge publique de l’arrêt de bus “Bongo Nouara”, jugées préjudiciables à leur bien-être et à leur santé.
Selon une enquête réalisée par la direction départementale de l’Agence congolaise d’information (Aci) auprès des riverains et des services municipaux, ces nuisances olfactives seraient liées à l’accumulation d’ordures non traitées sur ce site, alimenté notamment par la société turque Albayrak Waste Management Company ainsi que par les opérateurs de pré-collecte des déchets.
«Nous n’avons pas de problème avec l’utilisation de ce site pour le dépôt des ordures, car cela permet de combler une érosion importante qui existait ici. Cependant, les odeurs qui s’en dégagent sont très gênantes, et se propagent jusqu’au quartier Jacques Opangault. Elles nous rendent malades et provoquent des grippes », a déclaré M. Jean-Paul Monguele, menuisier installé à proximité de cet arrêt de bus.
Une commerçante du quartier, ayant requis l’anonymat, a également fait état de conditions de vie difficiles. « Les odeurs envahissent même nos maisons. Il devient pénible de rester dehors. Elles provoquent la toux, la grippe et parfois une perte d’appétit. Il faudrait soit arrêter les dépôts ici, soit trouver des solutions pour atténuer ces nuisances », a-t-elle déploré.
Interrogé à ce sujet, le conseiller technique du maire de Djiri, administrateur des services d’assainissement et de salubrité (Saf), M. Octave Levy Ebata, a indiqué que la décharge de cet arrêt de bus fonctionne comme un centre de transition destiné à recevoir temporairement les déchets avant leur traitement.

Il a expliqué que ce dispositif s’inscrit dans une stratégie provisoire visant à lutter contre les érosions qui affectent l’arrondissement. «Ce site a été retenu pour contenir une érosion menaçant la route nationale. Il permet à la fois de stocker les déchets et de combler cette brèche en attendant des solutions durables », a-t-il précisé.
Reconnaissant les désagréments causés aux populations, M. Ebata a, toutefois, indiqué que des mesures sont en cours. À cet effet, l’administrateur-maire de Djiri, M. Guy Rufin Adampot, a engagé des démarches auprès de la hiérarchie pour obtenir la fermeture du site.
Selon les autorités locales, cette fermeture devrait intervenir dans les prochains jours, à la suite d’un accord avec la société Albayrak. Les activités de dépôt seront alors transférées vers le site d’Ebomapoko, également confronté à une érosion menaçant une voie routière importante.
En effet, Djiri compte entre 300 et 400 têtes d’érosion, ce qui constitue un défi majeur pour les autorités en matière d’aménagement et d’assainissement.
Par ailleurs, le conseiller a rassuré que la rumeur de la construire du siège de la mairie sur ce site est fausse. « La décharge publique de Bongo Nouara sera bel et bien fermée ; mais aucun bâtiment ne sera érigé à cet endroit. Il sera juste sécurisé pour éviter que la population puisse jeter les ordures », a-t-il précisé. (ACI/Nora Ngoma et Sabruna Assanga Mouabiya)





