Brazzaville, 03 Fév. (ACI) – Le Forum pour la gouvernance et les droits de l’homme (Fgdh) a récemment appelé à Yaoundé au Cameroun, au renforcement de la coopération entre les organisations de la société civile congolaise et camerounaise, pour lutter contre le commerce illégal du cacao et d’assurer sa conformité au Règlement européen sur les produits zéro déforestation (Rdue).
Selon des données issues d’études de terrain réalisées par le Fgdh, les flux transfrontaliers du cacao mettent en évidence plusieurs dysfonctionnements dans la production et la commercialisation de cette culture en Afrique centrale.
Ces insuffisances concernent notamment surtout la traçabilité des produits, l’existence de circuits informels ainsi que la commercialisation de cacao provenant de zones exposées à la déforestation, des facteurs susceptibles d’exposer la filière à des sanctions sur le marché européen.
D’après des données de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (Fao), environ 43 % du cacao congolais aurait été exporté vers le Cameroun, sur la période allant de 2015 à 2020, a indiqué l’organisation de la société civile.
Pour le président du Fgdh, M. Maixent Fortunin Agnimbat Emeka, une part importante du cacao produit au Congo franchirait la frontière de manière irrégulière avant d’être réintroduite dans les circuits commerciaux. Cette pratique a été jugée incompatible avec les exigences du Rdue, qui impose une traçabilité complète et le respect des législations des pays producteurs.
Toutefois, le caractère transfrontalier de ce commerce illicite limite l’efficacité des réponses nationales isolées. C’est pourquoi, le Fgdh préconise une approche concertée impliquant les acteurs de la société civile du Congo et du Cameroun, afin de mieux contrôler les flux.
La coopération envisagée viserait, entre autres, la mutualisation des données, l’échange d’informations issues du terrain ainsi que l’harmonisation des actions de plaidoyer. Elle aurait pour objectif de soutenir la mise en conformité de la filière cacao avec le Rdue, en préservant les intérêts des petits producteurs engagés dans des pratiques durables.
À travers cet appel, la société civile congolaise entend contribuer à l’émergence d’une filière cacao transparente et respectueuse des écosystèmes forestiers en Afrique centrale, la collaboration régionale étant présentée comme un levier essentiel pour lutter contre la déforestation et le commerce illicite. (ACI)

