BRAZZAVILLE, 28 AOÛT (ACI) –Un ancien ‘’marché aux esclaves’’, situé dans la cour de la mairie de Brazzaville, a servi de comptoir de transit d’esclaves au Congo pendant la traite négrière, avant leur déportation vers l’Amérique, a révélé le chercheur congolais indépendant, M. Jean-Jacques Samba.
Méconnu des Brazzavillois, cet espace chargé d’histoire, est marqué par un arbre majestueux. Longtemps, les récits de la traite négrière au Congo n’évoquaient que Loango comme point de sortie. Cependant, selon le chercheur, la mairie de Brazzaville a joué un rôle crucial.
«C’est d’ici que partaient les esclaves en direction du port de Loango et aussi du port de Mpinda, via Mbanza Kongo », a-t-il précisé au cours de ces recherches dans la cour de l’hôtel de ville centrale.
La position géographique dudit site, près des rapides du fleuve Congo, explique son rôle. Les pirogues chargées de marchandises ne pouvant continuer leur voyage vers la mer, des marchés se sont développés sur les deux rives du fleuve, facilitant les échanges.

Le commerce d’esclaves s’effectuait en échange de produits de valeur, avec l’aide d’intermédiaires locaux. Ces derniers, agissant sous la bénédiction des rois des royaumes Kongo, Loango et Teke, approvisionnaient les marchands européens en main-d’œuvre pour les colonies du Nouveau Monde.
Des millions d’Africains ont été déportés à travers l’Atlantique, une tragédie qui a entraîné une forte mortalité. L’abolition de l’esclavage, un long processus, fut définitivement actée le 27 avril 1848 grâce à l’action de Victor Schoelcher.
La Journée internationale du souvenir de la traite négrière, célébrée le 23 août de chaque année, vise à préserver la mémoire de cette histoire, et à éviter que de tels drames ne se reproduisent. (ACI)





