
Brazzaville, 28 Fev (ACI) – L’Observatoire congolais des droits de l’homme (Ocdh) a appelé, le 27 février à Brazzaville, à placer la question des droits humains au centre du débat politique à l’approche de l’élection présidentielle, afin d’interpeller les candidats sur leurs engagements concrets dans ce domaine.
« Il ne s’agit pas seulement de promesses, mais d’engagements précis susceptibles d’améliorer durablement la situation des droits humains, jugée préoccupante en République du Congo », a déclaré le président du conseil d’administration de l’organisation, M. Parfait Moukoko, lors de la présentation du rapport sur la situation des droits humains couvrant la période de février 2023 à février 2026.
Selon lui, la publication de ce document à la veille de l’ouverture de la campagne électorale « n’est pas fortuite ». Elle vise à inscrire la question des droits humains dans l’agenda politique et à susciter un débat public sur les politiques à mettre en œuvre pour renforcer leur protection.
Ce rapport dresse un tableau critique de l’état des libertés fondamentales et de la protection des groupes vulnérables dans le pays. L’organisation estime qu’au regard des faits de violation des droits de l’homme souvent décriées dans certains lieux de privation de liberté, les autorités actuelles et futures doivent prendre des mesures urgentes nécessaires pour renforcer la lutte contre l’impunité.
Le rapport évoque également des atteintes aux droits des migrants et des réfugiés, qui seraient exposés à des arrestations arbitraires et à des expulsions sommaires lors d’opérations sécuritaires.
Par ailleurs, l’Ocdh souligne que les personnes vivant avec handicap continuent de faire face à d’importantes difficultés d’accès aux infrastructures, à l’éducation et à l’emploi. Les personnes atteintes d’albinisme sont, quant à elles, confrontées à une stigmatisation persistante. Les personnes âgées, notamment les retraités, sont confrontés aux arriérés de pensions, à une couverture sanitaire jugée insuffisante et à un manque de structures adaptées.
A cet effet, l’organisation préconise de confier, sans interférence politique, la lutte contre le phénomène des « bébés noirs » aux juridictions compétentes, à la police et à la gendarmerie dans le cadre de leurs missions respectives.
Le président du conseil d’administration de l’Ocdh a, par ailleurs, affirmé que le rapport de leur organisation a été élaboré « en toute indépendance », à partir d’enquêtes menées auprès de personnes se présentant comme victimes de violations.
Il a rappelé que le Congo est partie à plusieurs instruments juridiques internationaux relatifs aux droits humains, tout en soulignant le décalage entre ces engagements formels et la réalité observée sur le terrain.
Intervenant lors de cette cérémonie, le conseiller politique de l’Ambassade du Canada, M. Kevin Lunianga a encouragé la poursuite du dialogue entre les autorités et la société civile, invitant les gouvernements à rester à l’écoute des populations et à œuvrer à l’amélioration continue de la situation. Ce rapport a été réalisé avec l’appui financier du Fonds canadien d’initiatives locales. (ACI)




