Congo/Droits de l’homme : La société civile dénonce un rétrécissement de l’espace civique au Congo

Brazzaville, 06 Juin (ACI) – Plusieurs mesures administratives et pratiques observées au cours de la période 2025-2026 ont contribué à restreindre la participation de la société civile au suivi de la gouvernance publique et à la défense des droits fondamentaux, a indiqué, le 5 juin à Brazzaville, un consortium d’organisations de la société civile engagé en faveur de la préservation des libertés civiques au Congo.

Dans une note de position rendue publique à cet effet, ces organisations expriment leurs préoccupations face à la réduction progressive des marges d’action des ONG et des acteurs citoyens en République du Congo.

Elles s’appuient sur les conclusions du rapport 2024-2025 de la Rencontre pour la paix et les droits de l’homme (Rpdh), publié en mars dernier, qui a évalué l’environnement de la société civile au Congo.

Les organisations relèvent plusieurs situations jugées préoccupantes, notamment l’interpellation de journalistes, d’acteurs des réseaux sociaux ainsi que d’activistes, dont Jonas Fred Makita, détenu depuis janvier 2026 et dont le procès se poursuit devant la juridiction compétente.

La note évoque également des cas présumés d’ingérence administrative dans les activités de certaines ONG travaillant avec les populations autochtones. Selon le consortium, ces pratiques constituent une restriction à la liberté d’action des organisations de la société civile et affectent leur autonomie opérationnelle.

Par ailleurs, les organisations soulignent les difficultés rencontrées dans l’accès aux financements publics, souvent réservés aux structures reconnues d’utilité publique. Elles déplorent également les obstacles administratifs auxquels certaines associations sont confrontées dans la mise en œuvre de projets financés par des partenaires internationaux.

S’agissant de la participation citoyenne, elles dénoncent aussi les restrictions observées dans l’organisation de manifestations publiques ainsi que l’exclusion de certaines plateformes de la société civile des mécanismes d’observation électorale.

Face à cette situation, elles recommandent notamment le renforcement des garanties relatives aux libertés fondamentales, une plus grande implication de la société civile dans les processus décisionnels, ainsi que l’adoption d’un cadre juridique renforçant la protection des défenseurs des droits humains et des lanceurs d’alerte.

En outre, elles appellent les pouvoirs publics à poursuivre les réformes destinées à consolider l’espace civique et à favoriser une participation plus inclusive des organisations de la société civile aux politiques publiques et aux mécanismes de gouvernance. (ACI)

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