Brazzaville, 27 Avril (ACI) – Les parties prenantes à l’atelier consacré à la gouvernance forestière et à la reconnaissance effective des droits des communautés se sont réunies, le 24 avril à Brazzaville, pour la création d’un cadre d’échanges structuré, inclusif et participatif, pour examiner les enjeux liés à la gestion des ressources forestières et d’identifier des solutions concertées.
Il s’agit des représentants des administrations publiques, des entreprises forestières, des organisations de la société civile, des partenaires techniques et financiers ainsi que des communautés locales et des populations autochtones.
Durant les travaux, les participants ont abordé plusieurs problématiques liés notamment à la prise en compte partielle des droits des populations autochtones dans les politiques publiques, aux insuffisances dans le partage des bénéfices issus de l’exploitation forestière, ainsi qu’au non-respect, des obligations sociales des sociétés forestières.
A cette occasion, ils ont également procédé à la restitution et à la validation des constats issus des missions de terrain menées dans le cadre du projet. Ils ont également examiné les cadres juridiques existants et les mécanismes de concertation.
Ouvrant les travaux, le coordonnateur des programmes à l’Observatoire congolais des droits de l’homme (Ocdh), M. Godefroid Quentin Banga, a insisté sur la nécessité de garantir la participation effective des communautés dans toutes les décisions qui affectent leurs terres et leurs moyens de subsistance.
« Les communautés locales et les populations autochtones, qui vivent au contact direct de la forêt, continuent de faire face à des difficultés réelles, surtout en matière d’accès équitable aux retombées économiques de l’exploitation forestière et de participation aux processus décisionnels », a-t-il déploré.
Au-delà de ce simple constat, a-t-il précisé, cet atelier devra favoriser une compréhension commune des enjeux, une confrontation constructive des points de vue et la formulation de recommandations concrètes et applicables.
Prenant la parole au nom du Forest Peoples Programme, M. Lassana Koné, a salué les avancées enregistrées par le Congo, en ce qui concerne l’adoption de la loi portant promotion et protection des droits des populations autochtones.
Toutefois, il a relevé plusieurs défis persistants, parmi lesquels figurent l’insuffisante harmonisation entre les textes sectoriels et cette loi spécifique, ainsi que la fragilité de la sécurisation des droits fonciers coutumiers.
En outre, M. Lassana Koné a également mis en exergue les limites des mécanismes actuels de partage des bénéfices, tels que les cahiers des charges particuliers ou les fonds de développement local, qui peinent à produire des impacts visibles et équitables pour les communautés concernées.
«Malgré un cadre juridique jugé progressiste, la mise en œuvre des droits sur le terrain reste confrontée à de nombreuses contraintes », à son tour déploré, le représentant de la direction générale de la promotion des peuples autochtones, M. Aubin Djondo-Kende.
Dans le même cadre, il a évoqué le manque de vulgarisation des textes, le non-respect de certains engagements par les opérateurs économiques et la faible implication des communautés dans les projets de développement.
Selon lui, l’amélioration de la gouvernance forestière passe nécessairement par une inclusion effective des populations concernées, une meilleure transparence dans la gestion des ressources et une recevabilité accrue des différents acteurs.
Initiée par l’Ocdh, cette rencontre s’inscrit dans le cadre du projet «Promouvoir la reconnaissance et la mise en œuvre des droits des peuples autochtones afin d’améliorer la gouvernance des terres et des ressources et d’enrayer la dégradation de l’environnement au Congo et en République démocratique du Congo ».
Le projet bénéficie de l’appui technique du Forest Peoples Programme et du soutien financier du gouvernement britannique à travers le programme Redaa. (ACI)

