Brazzaville, 11 juin (ACI) – Le ministère de la Santé et de la Population, en collaboration avec l’Organisation mondiale de la santé (Oms), a lancé le 11 juin à Brazzaville, une session de formation destinée aux agents de santé sur la prévention et le contrôle des infections, en vue de renforcer la préparation du pays face aux risques d’introduction de maladies épidémiques.
Ouvrant les travaux de cette session, le conseiller à la santé et à la population du ministre de la santé le Dr Jean Claude Mobousse a indiqué que cette formation, réunissant plusieurs agents de santé évoluant dans les hôpitaux de Brazzaville, s’inscrit dans la stratégie nationale de renforcement des capacités du système de santé face aux menaces sanitaires émergentes.
Il a rappelé que la résurgence de la maladie à virus Ebola dans la sous-région, notamment à l’est de la République démocratique du Congo (Rdc), constitue une menace réelle pour les populations et les économies. Selon lui, cette menace justifie les mesures anticipatives que le gouvernement a engagées, notamment le renforcement de la surveillance épidémiologique aux points d’entrée, la sensibilisation des communautés, la mobilisation des partenaires et la préparation des structures de prise en charge.
M. Mobousse a fait savoir que le Centre hospitalier universitaire (Chu) de Brazzaville occupe une place stratégique dans ce dispositif en tant qu’hôpital de référence nationale, appelé à détecter rapidement les cas suspects, prévenir toute transmission nosocomiale et assurer une prise en charge sécurisée des patients.

Intervenant à cette occasion, au nom du représentant résident de l’Oms au Congo, le Dr Mbemba Guy Michel a souligné que la situation épidémiologique en Rdc exige une vigilance permanente de la part des pays voisins.
Il a rappelé qu’au 10 juin 2026, l’épidémie enregistrée dans la province de l’Ituri totalisait 598 cas confirmés et 115 décès confirmés. Bien qu’aucun cas n’ait été détecté en République du Congo, il a estimé que l’absence de cas ne signifiait pas l’absence de risque. « Les établissements de santé sont à la fois les premiers remparts contre la maladie et, lorsque les mesures de protection font défaut, les principaux vecteurs de son amplification », a-t-il déclaré.
A en croire M. Mbemba, la protection des agents de santé demeure une condition essentielle pour préserver l’ensemble du système sanitaire. Il a, à cet effet, salué les efforts du gouvernement congolais dans le renforcement de la surveillance, tout en réaffirmant l’engagement de l’Oms à accompagner le pays dans la préparation et la riposte aux urgences sanitaires.
Pour sa part, le directeur général adjoint du Chu, le Dr Biez Ulrich Judicaël a précisé que cette formation intervient dans un contexte marqué non seulement par l’épidémie d’Ebola en Rdc et en Ouganda, mais également par la résurgence de cas de choléra dans le département de la Likouala.
Il a estimé que l’intensification des mouvements de populations et l’organisation de grands événements internationaux rendent indispensable le renforcement des compétences du personnel de santé afin de garantir une réponse rapide et efficace à toute alerte sanitaire.
A l’issue de cette formation, les participants seront outillés sur les techniques de surveillance, le triage des patients, l’utilisation des équipements de protection individuelle, la gestion des déchets médicaux, l’isolement ainsi que sur la prise en charge sécurisée des cas suspects. (ACI)

