Brazzaville, 18 Août (ACI) – La ministre du Commerce, des approvisionnements et de la consommation, chargée de la Zlecaf, Mme Lydia Mikolo, appelé le 17 août à Brazzaville, les entreprises du Congo à devenir compétitives à l’échelle continentale afin de profiter des opportunités de la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf).
« Le Congo doit prendre sa part. L’enjeu véritable n’est pas de savoir si nos entreprises peuvent accéder à ce marché mais si elles sauront franchir le cap, passer d’acteurs locaux à des entreprises compétitives à l’échelle continentale. Nous devrons œuvrer pour qu’elles deviennent des actrices de premier plan de la Zlecaf au service du développement économique du pays et de l’indépendance économique de notre continent », a-t-elle souligné à l’ouverture des travaux.
Cet appel a été lancé à l’ouverture de l’atelier national consacré à la préparation de la République du Congo à l’opérationnalisation de la Zlecaf, sous le thème « Les entreprises congolaises face au marché africain : défis, opportunités et perspectives ».
L’objectif de cet atelier est de renforcer la préparation des acteurs économiques congolais et de définir les mesures nécessaires à une participation efficace du Congo sur le marché continental africain.
Pour Mme Mikolo, la Zlecaf représente également un levier de diversification économique pour développer les exportations de produits « Made in Congo » et réduire la dépendance de l’économie aux hydrocarbures.
Elle a appelé les entrepreneurs et les acteurs du secteur privé à faire entendre leurs expériences et leurs propositions afin d’alimenter l’action publique et de faire de cette intégration commerciale une opportunité concrète. « La Zlecaf ne se décrète pas, elle se construit », a-t-elle déclaré.
En effet, la Zlecaf offre au continent, un marché d’environ 1,3 à 1,4 milliard de consommateurs et un Pib cumulé évalué à près de 3.400 milliards de dollars, selon les données présentées lors de l’atelier.
Elle pourrait contribuer à une hausse de 7 % du revenu réel de l’Afrique d’ici à 2035, soit un gain pouvant atteindre 450 milliards de dollars. Les exportations intra-africaines pourraient également progresser de plus de 80 %.
La Zlecaf pourrait également contribuer à la création de près de 18 millions d’emplois supplémentaires, avec des retombées particulièrement importantes pour les femmes, dont les salaires pourraient progresser de 11,2% à l’horizon 2035.

Le défi pour les entreprises congolaises est désormais de disposer des capacités, du financement, de la logistique et des réseaux nécessaires pour transformer les opportunités de la Zlecaf en exportations, investissements et emplois.
De son côté, la représentante du Pnud au Congo, Mme Adama Dian Barry, a encouragé les entreprises à se regrouper davantage et à développer des partenariats commerciaux.
« La Zlecaf ne sera pas gagnée individuellement, entreprise par entreprise. Plusieurs entreprises organisées autour d’une même chaîne de valeur peuvent atteindre une capacité de production et une qualité leur permettant de conquérir le marché régional », a-t-elle insisté.
Partenaire technique et financier, le Pnud a, de son côté, réaffirmé sa disponibilité à accompagner le gouvernement dans la mise en œuvre de sa feuille de route, en vue de faire de la Zlecaf un accélérateur de diversification économique, de développement du secteur privé, d’innovation et de création d’emplois.
L’enjeu n’est donc plus de savoir si les opportunités existent, mais si les entreprises congolaises disposent de la capacité productive, de la qualité, des normes, du financement, de la logistique, de l’information et des réseaux commerciaux nécessaires pour transformer ces opportunités en contrats, en exportations, en investissements et en emplois, a-t-elle ajouté.
Les deux partenaires entendent aussi renforcer la participation des femmes et des jeunes à la Zlecaf, en levant notamment les obstacles liés au financement, à l’information, aux infrastructures et au numérique. (ACI)

