Congo/Économie : Des secteurs ciblés susceptibles d’attirer près de 1,4 milliard de dollars d’investissements privés

Brazzaville, 20 Sept (ACI) – Le Diagnostic-pays du secteur privé (Cpsd) de la République du Congo, présenté le 17 septembre à Brazzaville, a identifié quatre secteurs prioritaires, susceptibles d’attirer jusqu’à 1,4 milliard de dollars d’investissements privés et de créer jusqu’à 22.200 emplois d’ici 2030.

Ces secteurs prioritaires englobent le bois transformé, la logistique portuaire, la mouture du maïs et de l’aquaculture, indique un rapport publié en mai dernier par le Groupe de la Banque mondiale.  En effet, le Congo dispose d’importantes opportunités d’investissement et d’atouts pour accélérer la diversification de son économie.

Selon ce document,  le diagnostic vise à identifier les obstacles pouvant être levés par des mesures de politique publique à court terme.

Présentant le rapport, l’économiste de la Banque mondiale, Dr Maty Konte, a fait savoir que l’accès au financement et à l’électricité figure parmi les principales contraintes signalées par les entreprises. Ce rapport relève aussi un environnement des affaires fragile, une faible productivité de la main-d’œuvre, un déficit d’infrastructures et un secteur privé de taille réduite.

Dans la filière du bois transformé, le diagnostic estime que la transformation secondaire et tertiaire offre un potentiel important. La mise en œuvre des réformes proposées pourrait attirer entre 560 millions et 1,1 milliard de dollars d’investissements privés et contribuer à la création de 5.300 à 11.500 emplois directs au cours des cinq prochaines années.

S’agissant de la logistique portuaire, le rapport met en avant la position stratégique du port en eau profonde de Pointe-Noire et le potentiel du corridor Pointe-Noire-Brazzaville comme axe de commerce régional ; le développement des Pme ainsi que l’intégration des chaînes de valeur.

« L’amélioration des procédures douanières, l’adoption d’inspections fondées sur les risques et la révision de la tarification des péages pourraient attirer entre 70 et 200 millions de dollars d’investissements privés et générer entre 2.000 et 6.000 emplois au cours des cinq prochaines années », a dit le Dr Konte.

Dans l’agro-industrie, la mouture du maïs provenant des brasseries et de l’industrie de l’alimentation animale pourrait renforcer la sécurité alimentaire et favoriser l’émergence d’activités connexes. Elle pourrait susciter entre 24 et 72 millions de dollars d’investissements privés supplémentaires et permettre la création de 400 à 1.100 emplois directs sur cinq ans.

Pour ce secteur, Dr Maty Konte a jugé nécessaire de faciliter les procédures liées à l’enregistrement agricole, d’améliorer la transparence de l’accès au foncier grâce à une cartographie numérique accessible et une clarification des procédures de pré-dédouanement.

Concernant l’aquaculture, le diagnostic a relevé l’abondance des ressources en eaux intérieures, des conditions climatiques favorables et une forte demande nationale et régionale en poisson. La consommation congolaise dépasse 160.000 tonnes de poisson par an, tandis que la production aquacole nationale est estimée à 1.962 tonnes, faisant apparaître un déficit important d’approvisionnement.

Pour cette filière, simplifier la gouvernance sanitaire et la biosécurité, clarifier les exonérations de Tva applicables aux intrants aquacoles et favoriser les investissements privés dans la chaîne du froid et les infrastructures de marché afin de mobiliser entre 5 et 16 millions de dollars d’investissements privés, et de créer entre 1.200 et 3.600 emplois au cours des cinq prochaines années.

Au-delà de ces quatre secteurs, Le Cpsd a précisé que les secteurs retenus sont ceux pour lesquels les principales contraintes peuvent raisonnablement être levées par des actions publiques à court terme, avec des effets attendus sur l’investissement privé et la création d’emplois à moyen terme. (ACI)

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