Congo/Economie : L’État table sur 2.550 milliards de FCFA de recettes et un excédent de 280 milliards

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Le ministre des Finances défendant le projet devant les sénateurs.

Brazzaville, 23 Déc. (ACI) – Le budget de l’État, exercice 2026, est arrêté à 2.550 milliards 540 millions de FCFA en recettes, contre 2.550 milliards 694 millions de FCFA en 2025, selon le projet de loi de finances présenté par le gouvernement.

Les dépenses sont évaluées à 2.270 milliards 167 millions de FCFA, dégageant un excédent budgétaire de 280 milliards 373 millions de FCFA. Ce budget vise à renforcer la discipline budgétaire, optimiser la gestion des ressources publiques et améliorer l’efficacité de la dépense.

En matière de recettes, le gouvernement prévoit d’améliorer le rendement fiscal, notamment par l’optimisation des revenus issus des ressources naturelles, la digitalisation des procédures de collecte, la réduction des exonérations fiscales et une meilleure mobilisation des dividendes du portefeuille public.

S’agissant des dépenses, l’accent sera mis sur la qualité et l’efficience de la dépense publique, à travers la budgétisation en mode programme et une gestion renforcée des investissements publics.

Le projet de loi de finances s’inscrit dans une dynamique de consolidation de la gouvernance des finances publiques, en mettant en avant les principes d’universalité budgétaire, d’unicité de caisse, de transparence et d’efficience. À ce titre, il prévoit la réintégration dans le budget général des ressources de certains fonds et structures ne répondant pas aux critères légaux des comptes spéciaux du Trésor ou des budgets annexes.

Les entités dépourvues d’autonomie de gestion verront également leurs ressources rattachées au budget de l’État, afin d’améliorer la lisibilité budgétaire et de limiter les pertes de ressources publiques.

Le texte intègre, par ailleurs, la réforme de la gestion de la trésorerie, avec l’opérationnalisation du Compte unique du Trésor (Cut). Les établissements publics administratifs et autres entités financées par l’État sont ainsi appelés à domicilier leurs ressources au Trésor public, en vue d’optimiser la trésorerie et de renforcer la transparence des flux financiers, conformément aux normes de la Cemac.

Présentant le projet devant le Sénat, le ministre des Finances, du budget et du portefeuille public, M. Christian Yoka, a indiqué que l’action gouvernementale repose sur trois priorités, à savoir restaurer la crédibilité économique et financière de l’État, soutenir l’activité économique et construire un modèle économique plus résilient face aux chocs extérieurs.

Qualifiant le texte de «Loi de finances de réforme », il a souligné une hausse des recettes estimée à 16,5 % et une maîtrise des dépenses autour de 3 % par rapport à 2025. Il a également rappelé que le respect des engagements en matière de maîtrise de la dépense et de réduction de l’endettement demeure un levier essentiel pour préserver des marges de manœuvre budgétaires.

Concernant la facturation électronique, en cours de déploiement, le ministre a précisé que 28 entreprises pilotes participent au dispositif, déjà appliqué par certains grands opérateurs.

Ce mécanisme devrait contribuer à améliorer la collecte de la Tva, le gouvernement s’engageant à accompagner les acteurs économiques dans cette transition. La loi prévoit également la protection des populations vulnérables et la lutte contre la précarité. (ACI)