Brazzaville, 10 Avril (ACI) – La directrice générale de l’éducation de base au ministère en charge de l’Enseignement primaire et secondaire, Mme Pitchou Prudence Banga Mboko, a plaidé, le 8 avril à Kinkala, dans le département du Pool, pour la pérennisation du programme de cantines scolaires, dont le financement actuel arrive à échéance à la fin de l’année.
Elle a fait ce plaidoyer lors d’une visite des écoles primaires Soumouna de la localité éponyme et Jean Kimbémbé de Kinkala, conduite par les organismes du système des Nations unies. Cette visite a permis d’évaluer l’effectivité du programme de cantines scolaires « McGovern-Dole », lancé en 2017.
Selon Mme Banga Mboko, le programme « McGovern-Dole» dépasse le simple cadre de la distribution de repas scolaires. Il constitue un investissement stratégique pour l’avenir de la jeunesse, contribue à améliorer la nutrition des élèves, réduit les cas de malnutrition et renforce leurs capacités d’apprentissage.
« Ce programme est devenu un moteur pour la rétention scolaire, offrant une incitation tangible aux familles pour envoyer leurs enfants à l’école et les maintenir. Un enfant nourri est un enfant plus attentif et plus apte à réussir », a-t-elle souligné, insistant sur son impact dans la lutte contre l’absentéisme et l’abandon scolaire.
Le souhait du gouvernement est de voir cette dynamique de coopération se poursuivre et s’intensifier, afin d’étendre les bénéfices du programme à un plus grand nombre d’élèves et de consolider les acquis en matière d’éducation au Congo.
S’agissant du bilan sur le terrain, les directrices des deux écoles ont fait rassuré que les résultats de ce programme sont probants. Car, il a permis d’augmenter la fréquentation scolaire dans les écoles bénéficiaires. « Avant sa mise en place, l’école enregistrait un fort taux d’abandon et une faible fréquentation, située entre 50 % et 60 %. Depuis son introduction, la situation s’est améliorée, avec un taux de fréquentation atteignant 92,25 % et un taux de rétention de 85 % », a déclaré la directrice de l’école primaire de Soumouna, Mme Arfie Heboto.
Intervenant à cette occasion, le représentant du Pam au Congo, M. Gon Myers, a indiqué que cette visite a constitué une opportunité de rapprocher les autorités locales, notamment le préfet, des partenaires techniques et financiers, afin de renforcer la coordination et d’encourager un engagement accru en faveur de la nutrition scolaire.
« Nous sommes confiants que la cantine scolaire ne s’arrêtera pas après le financement actuel. Les signaux sont positifs et les partenaires se mobilisent. Voir les enfants heureux et engagés renforce notre détermination à poursuivre ce projet », a-t-il affirmé.
A cette occasion, le Pam a salué les efforts du gouvernement congolais, qui a amorcé depuis 2024 la prise en charge directe de certaines écoles bénéficiaires. « Vingt-cinq écoles ont déjà été transférées à la gestion directe de l’État, ce qui témoigne de la volonté des autorités de s’approprier ce programme très apprécié par les communautés locales », a dit M. Gon Myers.
Financé par le gouvernement américain et mis en œuvre en partenariat avec le Programme alimentaire mondial (Pam), Catholic relief services (Crs), l’Unesco, l’Unicef et le gouvernement congolais, ce programme fournit à ce jour des repas nutritifs quotidiens dans plus de 375 écoles réparties dans neuf départements du pays, au profit de plus de 81.000 élèves, dont près de la moitié sont des filles.
A en croire le Pam, les démarches sont en cours pour diversifier les sources de financement, tant au niveau national qu’international. Des discussions ont notamment été engagées avec de nouveaux bailleurs, dont un partenaire japonais ayant déjà exprimé son intérêt pour soutenir la poursuite du programme, a-t-on appris. (ACI)

