Brazzaville, 11 Juillet (ACI) – Le président de la Haute Autorité de lutte contre la corruption (Halc), M. Emmanuel Ollita Ondongo, a appelé, le 11 juillet à Brazzaville, les pouvoirs publics, les institutions et les citoyens à traduire leurs engagements en actions concrètes afin de renforcer l’intégrité et la transparence dans la gestion des affaires publiques.
Cet appel a été lancé à l’occasion de la 10ᵉ Journée africaine de lutte contre la corruption, célébrée sous le thème : « Intensifier la promotion de l’intégrité et la lutte contre la corruption sur le continent ».
Dans sa déclaration, il a rappelé que cette journée, instituée par l’Union africaine (Ua), commémore l’adoption de la Convention sur la prévention et la lutte contre la corruption. En ratifiant cet instrument juridique, le Congo s’est engagé à bâtir une société plus juste et plus transparente, où les ressources publiques sont mises au service de l’intérêt général.
« Ce thème nous invite à tous, autorités comme citoyens, décideurs comme non-décideurs, à passer des discours aux actes et des engagements aux résultats concrets », a déclaré M. Ollita Ondongo.
Évoquant les manifestations de la corruption, il a souligné que ce phénomène touche tous les secteurs de la vie publique, notamment les marchés publics attribués sans transparence, le système éducatif où «une note s’achète », ainsi que les services de santé où l’accès aux soins peut dépendre de paiements illicites.
Selon lui, chaque acte de corruption détourne des ressources destinées à la construction des écoles, des hôpitaux et des routes, affaiblit les institutions de l’État et accentue les inégalités sociales, au détriment des populations les plus vulnérables.
Par ailleurs, le président de la Halc a réaffirmé la détermination du Chef de l’Etat à intensifier la lutte contre ce fléau à travers le renforcement des institutions de contrôle et des organes de lutte contre la corruption, afin qu’ils disposent des moyens humains, matériels et juridiques nécessaires pour accomplir pleinement leurs missions en toute indépendance.
Il a également cité parmi les priorités la digitalisation des services publics, destinée à réduire les contacts directs favorisant les pratiques de corruption et à améliorer la traçabilité des procédures administratives.
De même, la transparence dans la gestion des marchés publics et des finances de l’État, le renforcement de la redevabilité des gestionnaires des deniers publics, la protection effective des lanceurs d’alerte ainsi que la promotion de l’éducation à l’intégrité dès le plus jeune âge, font partie de ces priorités. Toutefois, il a Insisté sur la nécessité de traduire ces principes en actes, soulignant que cette exigence d’intégrité est déjà portée par le gouvernement.
A cet effet, il a rappelé qu’au cours du programme d’action du gouvernement devant la représentation nationale, le 22 juin dernier, le Premier ministre, avait réaffirmé la volonté de l’exécutif de se soumettre, comme au précédent quinquennat, à l’obligation de déclaration de patrimoine, «donnant ainsi l’exemple d’une gouvernance exercée en toute transparence au service exclusif de la Nation ».
Ce discours de politique générale avait également tracé la voie d’une réforme profonde de la fiscalité fondée sur la digitalisation des procédures de recouvrement des recettes publiques.
Selon lui, cette modernisation vise à renforcer la transparence dans la gestion des finances publiques, à améliorer la traçabilité des opérations administratives et à réduire les risques de corruption.
Par ailleurs, le président de la Halc a annoncé que la célébration de la 10ᵉ Journée africaine de lutte contre la corruption au Congo sera marquée par une série d’activités de sensibilisation qui se dérouleront à Brazzaville, et dans les différents départements du pays.
Le programme prévoit notamment l’organisation de rencontres sportives, dont un match de football, ainsi que d’autres activités destinées à promouvoir les valeurs d’intégrité, de transparence et de responsabilité citoyenne. (ACI)

