Congo/Industrie : Les innovateurs privés des droits de protection faute de financement

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Photo de famille des ministres membres de l'Oapi et des panélistes

Brazzaville, 11 Déc (ACI) – Le directeur général de l’Organisation africaine de la propriété intellectuelle (Oapi), M. Denis Loukou Bohoussou, a rappelé le 11 décembre à Brazzaville, l’inaccessibilité des innovateurs aux droits de protection des innovations, créé en 1962, faute de moyens financiers pour payer les taxes.

Au cours d’un panel, tenu en marge de la 65ᵉ session ordinaire du Conseil d’administration de l’Oapi, placée sous le thème «Stimuler le développement de l’entrepreneuriat et de l’économie innovante en Afrique», il a fait savoir que pour pallier ce problème, l’Oapi a proposé des subventions pour les dépôts de brevets et le maintien des titres.

L’Oapi a aussi mis en place un accompagnement global, incluant la maturation des projets, l’accès au financement, la formation à la culture entrepreneuriale et le soutien via un réseau d’incubateurs et d’accélérateurs.

«L’innovation n’est complète que lorsqu’elle se transforme en projets ou entreprises, mais les obstacles majeurs, tels que le financement et le manque de compétences entrepreneuriales demeurent», a indiqué M. Loukou Bohoussou

De son côté, secrétaire générale exécutive de l’Unicongo, Mme Nancy Chenard, a identifié d’autres obstacles dans le secteur privé, entre autres, climat des affaires défavorable, manque de formation et de connaissance des mécanismes de propriété intellectuelle, ainsi que l’organisation insuffisante de l’écosystème innovant.

Pour sa part, le ministre malien de l’Industrie et du commerce, M. Moussa Alassane Diallo, a relevé que l’Afrique doit combler son retard grâce à l’innovation, tout en insistant sur la nécessité de renforcer la production locale, et sur la gestion des ressources naturelles et développer les infrastructures de base.

Les participants au panel

« Depuis 40 ans, le problème reste le même, les entreprises largement informelles ne disposent pas des documents financiers exigés par les banques, ce qui exclut 80 à 90 % des entreprises de l’accès au crédit. Le modèle bancaire classique est inadapté et il faut inventer de nouveaux mécanismes d’investissement innovant », a-t-il estimé.

Le ministre tchadien du Commerce et de l’industrie, M. Guibolo Fanga Mathieu, a quant à lui souligné l’urgence de repenser le modèle économique et industriel pour stimuler l’entrepreneuriat et protéger les nationaux.

Clôturant les travaux, le ministre congolais du Développement industriel, M. Antoine Nicéphore Thomas Fylla de Saint-Eudes, a souligné sur la formation de la culture entrepreneuriale, la valorisation du capital humain et le développement des infrastructures de base.

A cette occasion, les participants ont dénoncé un modèle bancaire inadapté, excluant la majorité des entreprises, jugeant la nécessité d’inventer de nouveaux mécanismes de financement innovants adaptés au terrain.

De même, ils ont également insisté sur la nécessité de mettre en place des politiques actualisées pour encourager de nouveaux modèles d’investissement dans l’économie digitale, de renforcer la coopération entre les gouvernements et le secteur privé afin de stimuler la création d’entreprises innovantes.

Ce panel visait à identifier les leviers, permettant à l’Afrique de transformer son potentiel entrepreneurial en moteur de croissance durable (ACI)