BRAZZAVILLE, 09 SEPT (ACI) – La procédure de réhabilitation du port fluvial de Yoro a été amorcée le 9 septembre à Brazzaville, afin de redonner à cette infrastructure stratégique du fleuve Congo, aujourd’hui dégradée et saturée, son rôle d’approvisionnement de la capitale congolaise et de facilitation de l’intégration régionale.
La réunion consultative préliminaire, présidée par le directeur de cabinet du ministre de l’Économie fluviale et des Voies navigables, M. Évariste Miakakarila, a réuni les potentiels soumissionnaires aux travaux inscrits dans le cadre du Projet régional d’amélioration des corridors de transport routier et fluvial en Afrique centrale (PRACAC).
Cette rencontre visait à présenter les aspects techniques du marché de conception-construction, les procédures de passation ainsi que les risques environnementaux et sociaux liés au chantier. Les observations formulées seront intégrées au dossier d’appel d’offres en cours de finalisation.
Mené avec l’appui de la Banque mondiale et en partenariat avec la République centrafricaine, le projet comporte deux phases, à savoir la conception technique et la construction. Une partie des activités commerciales sera provisoirement déplacée vers une zone annexe afin de libérer l’espace portuaire principal.
Les travaux prévoient notamment l’aménagement des accès routiers, l’extension des quais de cinquante mètres sur le fleuve, la création d’une zone de relâche pour les baleinières ainsi que l’installation d’équipements modernes, tels que l’éclairage, la télésurveillance, le drainage, les espaces de stockage et de nouveaux bâtiments administratifs.
Selon M. Miakakarila, les travaux de dragage visent à réhabiliter l’axe Pointe-Noire–Brazzaville–Bangui, avec des perspectives d’extension vers le Cameroun, le Tchad et le Soudan du Sud. Il a également mentionné le projet d’un « hôpital barge » destiné à améliorer l’accès aux soins des populations riveraines, soulignant la nécessité d’impliquer les acteurs privés et nationaux dans un consortium de soutien à ces initiatives.

Pour sa part, le coordonnateur du PRACAC, M. Benoît Ngayou, a mis en avant le recours inédit à la formule « conception-construction », qui confie à l’entreprise adjudicataire la réalisation des études et l’exécution des travaux. Cette approche vise à réduire les délais et à répondre plus rapidement aux attentes des populations.
Il a par ailleurs insisté sur le respect des normes environnementales et sociales, notamment en matière de réinstallation des occupants actuels. La durée prévisionnelle des travaux est estimée à 18 mois, dont quatre mois pour les études et quatorze mois pour la phase de chantier.
Le PRACAC s’inscrit dans un financement global de 330 millions de dollars de la Banque mondiale, dont 90 millions alloués à la République du Congo et 240 millions à la République centrafricaine.
Ce programme couvre également la modernisation d’autres ports, notamment ceux de Mossaka, Ouesso, Impfondo et Bétou. (ACI)

