Brazzaville, 05 Fév (ACI) – Les autorités congolaises ont contesté, le 3 février dernier, les accusations de corruption formulées par le Parquet norvégien contre deux hommes d’affaires liés à une filiale du groupe pétrolier Petrono, opérant au Congo.
Dans une interview accordée à la chaine France 24, le ministre de la communication et porte-parole du gouvernement, M. Thierry Moungalla, a estimé que ces allégations reposent sur des éléments inexacts et interviennent dans un contexte politique sensible.
Le 26 janvier dernier, l’Office norvégien de lutte contre les crimes économiques a annoncé la mise en examen de deux ressortissants norvégiens soupçonnés de corruption aggravée. Selon la procureure en charge du dossier, la société Petronor et les deux personnes poursuivies auraient proposé, en 2016, une participation de 25 % dans une licence pétrolière offshore au Chef de l’Etat congolais ainsi qu’à certains de ses proches.
Ainsi, les dividendes issus de cette participation auraient servi, d’après l’accusation, à verser près de 25 millions de dollars en contrepartie de supposées faveurs.
Réagissant à ces allégations, M. Moungalla a dénoncé ce qu’ils qualifient de tentative de déstabilisation, soulignant que la publication de ces informations intervient à l’approche de la période électorale au Congo.
Sur le fond du dossier, il a indiqué que les personnes mises en cause contestent toute implication dans des faits de corruption. Elles ont également rappelé que, selon la législation norvégienne, les poursuites engagées ne visent pas des ressortissants étrangers, précisant que les accusations portent exclusivement sur des citoyens norvégiens et des activités d’une société enregistrée en Norvège.
En outre, il a rejeté la présentation des faits sur le plan matériel. Ces personnes ont expliqué que la filiale de Petronor ne détient pas directement de permis d’exploitation pétrolière. Cette société participe à un consortium comprenant notamment une entreprise franco-britannique, titulaire du permis concerné, qui aurait entamé les démarches d’obtention de la licence bien avant l’arrivée de Petronor.
Dans ce contexte, M. Moungalla a jugé peu crédible l’hypothèse sur des montants importants qui auraient été versés pour permettre une participation minoritaire dans un projet pétrolier déjà attribué. Sur ce fait, il a qualifié ainsi les accusations de déformation des faits et évoquent la diffusion d’informations erronées. (ACI)

