Brazzaville, 16 juin (ACI) – Les responsables de la communauté kimbanguiste dite « Bana 26 », basée à Ngangalingolo dans le septième arrondissement de Brazzaville, ont lancé, le 13 juin, un appel à la réconciliation et à la réunification de l’Église kimbanguiste, divisée depuis 2002.
Cet appel a été formulé lors d’une conférence de presse organisée pour la première fois depuis le début de la crise qui oppose les différentes composantes de cette confession religieuse.
Selon les organisateurs, cette rencontre a eu pour but d’éclairer l’opinion nationale et internationale sur les origines du différend opposant les partisans de l’unité de la descendance de Simon Kimbangu à ceux regroupés autour du centre kimbanguiste du Plateau des 15 ans.
Intervenant à cette occasion, l’ancien membre de l’administration mondiale de l’Église, le révérend Kevin Damas Ngampio, a rappelé que l’Église était restée unie jusqu’à l’accession de Simon Kimbangu Kiangani à sa tête en 2001. Il a estimé que les réformes engagées à cette période ont progressivement généré des divergences ayant conduit à la division actuelle.
Evoquant le fonctionnement de l’Église, le révérend Antoine Kassambé a indiqué que la direction spirituelle avait été assurée successivement par Joseph Diangienda Kuntima puis par Salomon Dialungana Kiangani. Selon lui, à la disparition de ce dernier en 2001, les 26 petits-fils directs de Simon Kimbangu s’étaient réunis pour désigner Simon Kimbangu Kiangani comme chef spirituel, assisté des 25 autres descendants, conformément aux usages et textes régissant l’institution.
Les responsables de Bana 26 ont souligné qu’ils ne se considèrent pas comme membres d’une nouvelle Église, mais comme des fidèles attachés à l’unité de l’Église kimbanguiste et au respect de l’héritage de son fondateur. Selon eux, la crise relève davantage d’un différend de gouvernance que d’une divergence doctrinale.
Abordant la question de la réconciliation, ils ont affirmé avoir multiplié les initiatives de dialogue au cours des vingt-quatre dernières années, tout en regrettant l’absence d’avancées concrètes. Ils estiment que la réunification ne peut être obtenue par voie judiciaire, mais à travers des discussions entre les descendants de Simon Kimbangu.
Les responsables ont également rappelé qu’une décision de justice rendue au Congo en 2013 aurait rejeté une demande visant à interdire les activités des kimbanguistes opposés à la division de l’Église.
Ils ont par ailleurs assuré que leurs communautés poursuivent librement leurs activités religieuses dans plusieurs pays, y compris en République démocratique du Congo, siège mondial de l’Église kimbanguiste. Réaffirmant leur refus de créer une nouvelle Église, ils ont plaidé pour la préservation d’un héritage qu’ils considèrent commun à tous les fidèles.
S’agissant des effets de la persistance de la crise, les responsables de Bana 26 ont reconnu les conséquences de cette division sur les fidèles, tout en estimant que le conflit comporte également une dimension spirituelle. Ils ont par ailleurs accusé leurs adversaires d’avoir introduit, au fil des années, des réformes jugées contraires aux pratiques historiques de l’Église.
À l’issue de la rencontre, ils ont appelé les autorités congolaises, notamment le Président de la République, M. Denis Sassou N’Guesso, à accompagner les efforts de paix et à favoriser le dialogue entre les différentes composantes de l’Église kimbanguiste.
La conférence de presse a été animée par le révérend Kevin Damas Ngampio, ancien membre de l’administration mondiale de l’Église, le révérend Antoine Kassambé, coordinateur national, ainsi que le révérend Gabriel Patrick Ndign, secrétaire national permanent en France. (ACI)

