Brazzaville, 31 Oct (ACI) – L’inculturation du christianisme doit reposer sur une connaissance approfondie des réalités culturelles africaines, une spiritualité authentique et un engagement dans la transformation de la société, a indiqué le 31 octobre à Madingou, dans le département de la Bouenza, l’enseignant-chercheur à l’Université Marien Ngouabi, M. Marcellin Mouzita Moukouamou.
Cette réflexion a été développée au cours du colloque international organisé en hommage au Pr Dominique Ngoïe-Ngalla, ouvert le 29 octobre, à travers une communication consacrée à la pensée critique de cet intellectuel sur l’inculturation du christianisme.
Intitulée « L’inculturation du christianisme à travers les articles de Dominique Ngoïe-Ngalla publiés dans La Semaine africaine de 2000 à 2020 », cette étude a examiné les positions du penseur à partir de neuf articles de presse, complétés par six contributions ayant suscité des réactions à ses publications.
Fondée sur une approche qualitative, documentaire, historico-critique et comparative, l’analyse met en évidence la nécessité de prendre en compte la diversité et l’évolution des cultures africaines avant d’intégrer leurs symboles dans les pratiques chrétiennes.
Elle souligne notamment les réserves de Dominique Ngoïe-Ngalla à l’égard d’une inculturation réduite aux manifestations extérieures, telles que les chants et les danses, sans véritable approfondissement théologique. Le penseur privilégie plutôt une spiritualité axée sur le silence, le recueillement et la méditation.
La communication a relevé également que, pour cet intellectuel, l’authenticité de la foi chrétienne ne saurait se limiter aux célébrations liturgiques. Elle doit se manifester par une foi éclairée, le sens de la responsabilité citoyenne et une participation active à l’évolution de la société.
La confrontation de ses positions avec les travaux de Joseph Zidi, d’Armand-Brice Ibombo et les orientations de l’exhortation apostolique Ecclesia in Africa fait apparaître des points de convergence, mais aussi des divergences sur la place des expressions culturelles dans la liturgie.
Au terme de cette analyse, M. Mouzita Moukouamou présente Dominique Ngoïe-Ngalla non comme un opposant à l’inculturation, mais comme un penseur soucieux de ses fondements historiques, anthropologiques, spirituels et sociaux.
Trois exigences ressortent de cette réflexion, à savoir maîtriser les cultures avant d’en intégrer les symboles, préserver la dimension spirituelle de la liturgie et traduire les valeurs chrétiennes dans des actions contribuant à la transformation sociale.
La recherche a préconisé la constitution d’un corpus critique des écrits de Dominique Ngoïe-Ngalla afin d’approfondir les réflexions sur une inculturation conciliant fidélité à l’Évangile, diversité culturelle, expressions liturgiques et engagement social (ACI)

