Brazzaville, 28 Juillet (ACI) – Le Spécialiste des maladies respiratoires et allergiques et chef de la section éthique au Centre hospitalier universitaire de Brazzaville (Chu-B), le Dr Régis Gothard Bopaka, a exhorté la population à ne plus considérer le ronflement comme un phénomène normal, mais comme une maladie nécessitant un diagnostic et une prise en charge précoces afin de prévenir des complications parfois irréversibles.
S’exprimant au cours d’un entretien accordé à l’Agence congolaise d’information (ACI), il a expliqué que le ronflement peut entraîner de graves complications respiratoires, cardiovasculaires, neurologiques et sociales. En effet, cette affection résulte d’un obstacle au passage normal de l’air dans les voies respiratoires durant le sommeil.
Outre ces conséquences, plusieurs causes peuvent être à l’origine de cette affection, notamment des anomalies anatomiques telles qu’une déviation de la cloison nasale, une hypertrophie des amygdales ou des végétations adénoïdes, ainsi que certaines maladies respiratoires, a fait savoir le spécialiste.
De même, le Dr Bopaka a ajouté que la prise de somnifères, l’obésité, le tabagisme, la consommation d’alcool et le manque de sommeil figurent également parmi les principaux facteurs de risque.
Selon lui, le sexe masculin, l’avancée en âge, les changements hormonaux après la ménopause, les antécédents familiaux et certaines pathologies respiratoires, notamment l’asthme, favorisent le développement du syndrome d’apnée obstructive du sommeil.
Au cours de cet échange, le docteur a précisé que cette maladie ne concerne pas uniquement les adultes. Les enfants peuvent également en être atteints, en raison notamment de végétations adénoïdes volumineuses, d’amygdales hypertrophiées, de l’obésité ou de malformations anatomiques.
Toutefois, chez ces derniers, le manque répété d’oxygène pendant le sommeil peut entraîner des troubles de la concentration, une diminution des performances scolaires et un retard du développement cérébral, a poursuivi le spécialiste.
Évoquant les conséquences de cette pathologie, il a indiqué que les interruptions répétées de la respiration provoquent une altération de la qualité du sommeil, à l’origine d’une fatigue chronique, d’une somnolence diurne et, à terme, d’une insuffisance respiratoire chronique.
Sur le plan cardiovasculaire, le spécialiste a averti que le syndrome d’apnée du sommeil accroît le risque d’hypertension artérielle difficile à contrôler, d’Accidents vasculaires cérébraux (Avc), de maladies coronariennes, de troubles du rythme cardiaque et, dans les cas les plus graves, de mort subite.
Au-delà de ces répercussions médicales, le ronflement pathologique affecte également la vie sociale et familiale. Il peut provoquer une baisse de la libido, perturber le sommeil du conjoint, entraîner des conflits au sein du couple et augmenter le risque d’accidents de la circulation en raison de la somnolence excessive, en particulier auprès des conducteurs professionnels.
Pour le diagnostic, le Dr Bopaka recommande une consultation médicale dès l’apparition de signes tels qu’un ronflement important, des maux de tête au réveil, une fatigue persistante, des réveils nocturnes fréquents, des troubles de la concentration ou une somnolence durant la journée. A cet effet, il a souligné que la polygraphie ventilatoire et la polysomnographie demeurent les examens de référence, tout en regrettant que ces équipements ne soient pas encore disponibles dans les structures sanitaires du Congo.
Concernant la prise en charge, il a expliqué que les formes sévères nécessitent généralement une ventilation par pression positive continue (Ppc/Cpap), tandis que d’autres patients peuvent bénéficier d’une orthèse d’avancée mandibulaire, d’un traitement positionnel ou de mesures hygiéno-diététiques telles que la perte de poids, l’arrêt du tabac, la réduction de la consommation d’alcool et l’amélioration des habitudes de sommeil.
Le spécialiste a également souligné qu’en dehors du traitement médical, une prise en charge chirurgicale peut être envisagée dans certains cas, notamment lorsque le ronflement est lié à des anomalies anatomiques des voies aériennes supérieures. Cette intervention peut corriger une déviation de la cloison nasale, une hypertrophie des amygdales ou des végétations adénoïdes, afin de faciliter le passage de l’air pendant le sommeil.
Pneumologue et allergologue, le Dr Régis Gothard Bopaka est Titulaire d’un master en santé publique, maître de conférences agrégé à l’Université Marien-Ngouabi. (ACI)

