Congo/Santé : Le taux de prévalence du Vih/sida a atteint 3,2 % en 2023

Brazzaville, 29 Mars (ACI)- Les résultats de la troisième enquête de surveillance biologique et comportementale sur le Vih (Ibbs) au Congo ont révélé une prévalence de 3,2 % parmi les 15-49 ans, soit environ 120 000 personnes vivant avec le virus en 2023.

Selon ces résultats, présentés le 28 mars à Brazzaville, lors d’un atelier de validation du rapport de l’enquête biologique et comportementale 2024 sur le Vih/sida au Congo, le pays a enregistré, en 2023, 10 000 nouvelles infections et 6 300 décès liés au sida.

L’étude a mis en lumière des taux de prévalence alarmants parmi les populations clés. Entre 2012 et 2018, la prévalence chez les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes (Hsh) est passée de 26,1 % à 41,2 %, tandis qu’elle a évolué de 7,5 % à 8,1 % chez les professionnels du sexe (Ps) et atteint 3,7 % au sein de la population carcérale.

Organisé par le Pnud en partenariat avec la direction exécutive du Conseil national de lutte contre le Vih/sida, les infections sexuellement transmissibles et les épidémies, cet atelier a permis au pays de disposer de données actualisées sur les indicateurs biologiques, comportementaux et environnementaux influençant la transmission du Vih parmi les Ps, les Hsh, les minorités de genre, les usagers de drogues et la population carcérale.

Le rapport de cette enquête indique qu’elle représente une avancée significative, intégrant de nouveaux groupes prioritaires tels que les minorités de genre et les utilisateurs de drogues injectables

Le représentant résident adjoint du Pnud, M. Henry René Diouf, s’est dit déterminé à promouvoir une riposte fondée sur les droits humains, la science et une approche communautaire inclusive, afin d’endiguer l’épidémie et de protéger les populations les plus vulnérables.

«Les défis restent nombreux, mais ensemble, nous avons la capacité de faire reculer l’épidémie en mettant à profit l’expertise, les ressources et les partenariats qui nous unissent », a-t-il déclaré.

Les participants à l’atelier de validation de la troisième enquête Ibbs

Pour sa part, le conseiller à la santé du Premier ministre, M. Benjamin Atipo, a salué l’engagement des partenaires techniques et financiers et insisté sur la nécessité d’une approche concertée pour lutter contre la pandémie.

« Sept années se sont écoulées depuis la dernière enquête Ibbs, traduisant une hausse de la prévalence du Vih chez les populations clés. Il est essentiel d’obtenir de nouvelles données épidémiologiques sur ces groupes, qui constituent le moteur de transmission du virus au Congo », a-t-il souligné.

Il a fait savoir cette enquête sera complétée par une étude sur les jeunes et adolescents, afin de fournir des indicateurs actualisés devant permettre d’ajuster les interventions et améliorer la riposte nationale face au Vih/sida. Elle contribuera également à estimer les tendances de la charge de morbidité.

Pour le gouvernement et le Pnud, ces données actualisées permettront de renforcer les stratégies de prévention et d’atteindre l’objectif d’éradication du sida en tant que problème de santé publique d’ici 2030.

L’Onusida rapporte qu’en 2023, le nombre de personnes vivant avec le Vih dans le monde s’élevait à 39,7 millions, dont 3,6 millions d’enfants, soulignant l’urgence d’intensifier les efforts de prévention et de traitement.

En rappel, le Vih/sida, dont les premiers cas ont été enregistrés en 1981, demeure un problème majeur de santé publique. (ACI/Marlyce Tchibinda Batchi)

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