Brazzaville, 18 Nov (ACI) – Le représentant résident de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) au Congo, le Dr Vincent Dossou Sodjinou, a demandé, le 14 novembre à Brazzaville, au Sénat de plaider pour la création d’une ligne budgétaire nationale en faveur de cette agence onusienne.
« Cette mesure permettrait de consolider les acquis interrompus en 2025 après la crise financière ayant affecté l’organisation », a-t-il indiqué lors d’une session plénière consacrée à la présentation des urgences sanitaires en Afrique centrale et en République du Congo, ainsi qu’aux actions engagées par l’agence onusienne pour appuyer la riposte nationale.
« Le système de santé congolais a enregistré des avancées significatives, notamment la baisse de la mortalité maternelle de 450 à 241 décès pour 100.000 naissances entre 2020 et 2024 et l’amélioration de la couverture vaccinale.
Cependant, les indicateurs restent en-deçà des normes internationales et les financements demeurent insuffisamment décaissés pour mettre en œuvre l’ensemble des interventions planifiées », a-t-il expliqué, soulignant que la crise financière que traverse l’OMS a toutefois entraîné la suspension du programme, laissant craindre une perte des acquis.
Après avoir dressé un état des lieux des urgences sanitaires actuelles, notamment le choléra, la variole simienne et les impacts des catastrophes climatiques, le Dr Dossou a appelé les sénateurs à appuyer le décaissement des budgets votés pour permettre au ministère de la Santé « d’agir efficacement et durablement ».
Selon lui, l’objectif est de relancer la stratégie des soins de santé primaires, d’améliorer la disponibilité et la qualité des infrastructures locales et de redéployer les experts de l’Oms dans tous les départements.
Dans sa présentation, le représentant de l’OMS a insisté sur la nécessité de garantir la continuité des financements nationaux destinés au Fonds mondial, à l’achat de vaccins et à l’introduction de nouveaux vaccins, afin d’éviter les ruptures de programmes essentiels.
De même, il a suggéré le renforcement de la redevabilité des élus locaux et des collectivités locales sur l’amélioration des indicateurs afin de relancer la loi n°17-2019 sur la répartition des compétences État-collectivités en matière de santé de base, ainsi que le renforcement des Conseils départementaux de la santé et des comités de santé.
Par ailleurs, l’Oms a également demandé au Sénat d’adopter une loi sur “la santé dans toutes les politiques”.

Intervenant à cette occasion, le président du Sénat, M. Pierre Ngolo, a salué l’engagement de l’OMS et a réaffirmé le soutien continu de l’institution parlementaire à ces actions, y compris dans l’effort financier à la mesure des capacités nationales.
Les sénateurs ont souligné l’importance de la prévention face aux épidémies actuelles, et se sont engagés à renforcer le partenariat stratégique avec l’OMS au service de la dignité et de la santé de tous les Congolais. (ACI)

