Brazzaville, 04 Août (ACI) – Le ministère de la Santé et de la Population, avec l’appui de l’Organisation mondiale de la santé (Oms), a organisé le 4 août à Brazzaville, un atelier de validation des algorithmes diagnostiques et thérapeutiques pour la prise en charge des troubles mentaux, adaptés au guide d’intervention mhGAP de l’Oms.
Les travaux ont réuni des responsables du ministère, des psychiatres, des psychologues, des neurologues, des experts en santé mentale ainsi que des responsables des districts sanitaires.
Ouvrant les travaux, le représentant de l’Oms au Congo, le Dr Vincent Sodjinou, a souligné que cette rencontre constitue une étape importante dans le renforcement du système national de santé mentale. Selon lui, cette initiative s’inscrit dans la mise en œuvre du Plan d’action mondial pour la santé mentale 2013-2030 et de son cadre d’application dans la Région africaine, adopté par les États membres de l’Oms en 2022.
Evoquant l’ampleur des troubles mentaux dans le monde, il a rappelé que près de 792 millions de personnes, soit plus de 10 % de la population mondiale, vivent avec un trouble mental, alors que seulement 1 % du personnel de santé est affecté aux soins de santé mentale. En Afrique, les maladies mentales, neurologiques et les troubles liés à la consommation de substances psychoactives représentent plus de 6 % de la charge globale de morbidité et touchent plus de 116 millions de personnes.
M. Sodjinou a également insisté sur les conséquences de ces pathologies, notamment la dépression, les troubles anxieux, la schizophrénie, les troubles bipolaires, les addictions ainsi que les troubles du développement chez les enfants, qui compromettent leur apprentissage et leur intégration sociale.

Face à cette situation, l’Oms préconise une meilleure intégration des soins de santé mentale dans les services de santé primaires, afin de rapprocher les soins des populations. « Les interventions en santé mentale ne doivent plus être considérées comme l’apanage des seuls spécialistes. Les études démontrent qu’elles peuvent être efficacement assurées dans les structures de soins non spécialisées grâce à des outils adaptés », a expliqué le représentant de l’institution.
Cette démarche s’appuie sur le Programme d’action pour combler les lacunes en santé mentale (mhGAP), lancé en 2008. Destiné principalement aux pays à revenu faible ou intermédiaire, ce programme met à la disposition des professionnels de santé non spécialisés des recommandations et des outils pratiques leur permettant de diagnostiquer et de prendre en charge les principaux troubles mentaux, neurologiques et ceux liés à l’usage de substances psychoactives.
Le manuel d’algorithmes diagnostiques et thérapeutiques soumis à la validation au cours de cet atelier est inspiré de ce guide d’intervention. Une fois validé, il servira d’outil de référence pour les personnels de santé congolais et contribuera à l’amélioration de la qualité des soins, conformément aux orientations du Plan stratégique national de santé mentale 2024-2028.
A cet effet, le Dr Sodjinou a salué les efforts du gouvernement congolais, à travers le ministère de la Santé et de la Population, en faveur de la couverture sanitaire universelle.
Par ailleurs, il a réaffirmé l’engagement de l’Oms et de ses partenaires à accompagner le Congo dans le développement de services de santé mentale accessibles, de qualité et centrés sur les besoins des populations, conformément à l’Objectif de développement durable n°3 relatif à la santé et au bien-être. (ACI)

