Congo/Société : Le patronat congolais sollicite l’implication du Parlement pour le paiement des arriérés

151
Les deux parties lors de l'audience.

Brazzaville, 12 Fév (ACI) – Le collège intersyndical patronal du Congo a sollicité, le 12 février à Brazzaville, l’implication du Sénat afin d’examiner la situation des créances 2025 ainsi que des dossiers de l’Inspection générale des finances (Igf) 2022-2023, restés impayés.

S’exprimant à l’issue de l’audience avec le président du Sénat, M. Pierre Ngolo, le président de cette plateforme, M. Rocher Obesse, a indiqué que la démarche visait à attirer l’attention des parlementaires sur ces retards ainsi que sur les ordres de virement émis depuis septembre 2024 et non encore crédités dans les comptes des bénéficiaires.

« Le Parlement vote les lois et le budget. Il lui revient, dans son rôle de contrôle de l’action gouvernementale, d’interpeller le gouvernement sur l’exécution effective de ces budgets », a-t-il déclaré.

A en croire M. Obesse, de nombreux opérateurs économiques ayant exécuté des marchés publics éprouvent des difficultés de trésorerie en raison du non-paiement de leurs prestations, alors que des provisions budgétaires sont votées chaque année.

Cette dette intérieure continue de s’accumuler au détriment des prestataires nationaux, du fait du non-respect du décret présidentiel n°2023-1579 du 19 septembre 2023 relatif à l’apurement de la dette intérieure commerciale, conformément aux conventions signées.

Au cours de cette audience, le collège intersyndical a également dénoncé l’absence d’audit ou de publication de certaines créances datant de 2014-2015. Un apurement partiel de la dette intérieure et le règlement des créances validées permettraient, selon lui, de relancer les activités économiques en 2026.

« Les retards de paiement fragilisent les entreprises locales, affectent leur capacité à honorer leurs engagements bancaires et à payer leurs fournisseurs, et freinent la circulation des liquidités dans l’économie nationale. Cette situation détériore le climat des affaires », a estimé M. Obesse.

S’agissant des exercices 2024 et 2025, les opérateurs s’inquiètent notamment du sort des dossiers en cours avant leur transmission à la Caisse congolaise d’amortissement (Cca), à l’approche de la clôture budgétaire.

Abordant la question des paiements au Trésor public, les opérateurs économiques ont plaidé pour davantage d’équité dans le traitement des dossiers. Ils recommandent l’application stricte du principe « premier arrivé, premier servi ».

Ils ont souhaité par ailleurs que le Trésor public « reprenne pleinement ses prérogatives techniques », estimant que la centralisation des décisions au niveau du cabinet du ministère des Finances ralentit le processus.

Prenant la parole, M. Ngolo a salué l’initiative des opérateurs économiques d’avoir saisi l’institution et indiqué que le dossier sera transmis à la Commission Économie et Finances pour examen et suivi.

Reconnaissant le caractère préoccupant de leurs revendications, il a appelé les parties à privilégier le dialogue et la paix dans la recherche de solutions. « Les problèmes existent, mais ils doivent être traités sans violence et dans la consolidation de la paix », a-t-il souligné. (ACI)

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici