Brazzaville, 10 Nov (ACI) – Les représentants des organisations de retraités ont appelé, le 8 novembre à Brazzaville, à la réintroduction dans le budget 2026 de la ligne budgétaire dite «complément retraite», supprimée lors des précédentes lois de finances.
« Nous demandons simplement que le budget 2026 rétablisse cette ligne, comme elle existait sous le ministre Rigobert Roger Andely. Cette mesure représente, la seule garantie d’un versement régulier des pensions », a déclaré le président de l’Union pour la défense des intérêts des retraités (Udir), M. Eugène Bakoulou, lors d’une rencontre avec le président du Sénat, M. Pierre Ngolo.
Cette rencontre intervient à la suite de la déclaration du 31 octobre 2025 annonçant un sit-in des retraités à Brazzaville et dans certains départements.
Outre cette revendication, la délégation composée de l’Udir, de la Fédération des associations des retraités de la Crf (Far-Crf) et de la Coordination nationale des associations des retraités (Cnar) a dénoncé le blocage du rapport d’examen du cahier des charges élaboré en 2023, dont l’étude n’a débuté qu’en juillet 2025.
« Ce document regroupe toutes les préoccupations des retraités. Son retard empêche leur prise en compte dans le budget 2026, alors que c’était l’objectif initial », a indiqué un membre de la délégation.
Les organisations ont également critiqué l’application jugée sélective du décret présidentiel 2023-1579 du 19 septembre 2023 fixant les modalités de remboursement des arriérés intérieurs commerciaux et sociaux. « Le gouvernement a exécuté le volet relatif à la dette commerciale, mais a ignoré celui concernant la dette sociale, alors qu’il s’agit du même texte », a dénoncé le président de la Far-Crf.
D’après ces organisations, la Caisse congolaise d’amortissement (Cca) reconnaît le stock des dettes sociales auditées en 2015, mais affirme ne pas disposer des moyens nécessaires pour les apurer. Cette situation « traduit un désintérêt du gouvernement à leur égard », ont-elle regretté.
Par ailleurs, les retraités ont déploré les promesses non tenues du Premier ministre, qui s’était engagé le 23 juillet 2024 à apurer tous les arriérés de pension avant le 31 décembre 2024. Ils ont aussi dénoncé le silence des ministères des Finances, de la Fonction publique et de la Primature, qui n’ont pas répondu à leurs demandes d’audience.
« Les pensions d’août et septembre 2024 demeurent impayées, auxquelles s’ajoutent trois mois de retard pour l’année 2025. Nous parlons désormais de 50 mois d’arriérés, selon notre rapport. Mais nous demandons qu’au moins les arriérés de 2024 et 2025 soient réglés », a précisé la délégation.
A cette occasion, les organisations ont appelé le gouvernement à écouter leurs préoccupations, rappelant qu’«aucun citoyen ne peut rester cinq mois sans ressources».
Intervenant à cette occasion, le président du Sénat, M. Pierre Ngolo, a invité les retraités à renoncer au sit-in prévu dans les prochains jours et à privilégier le dialogue. « Il n’y a pas meilleure voie que celle du dialogue », a-t-il affirmé, les encourageant à se rapprocher du Sénat lorsque les portes ministérielles leur semblent fermées.
Concernant le budget 2026, M. Ngolo a précisé que certaines revendications pourront être intégrées dans le budget 2026, tandis que d’autres seront reportées pour des raisons techniques ou budgétaires. (ACI)

