Brazzaville, 18 Déc (ACI) – Les enseignants de l’Université Marien Ngouabi (Umng) ont plaidé, le 17 décembre à Brazzaville, pour l’implication accrue des groupes marginalisés et de la société civile dans le processus de prise de décision politique, en vue de renforcer la démocratie en République du Congo.
Intervenant lors du lancement des réunions dénommées «Café citoyen», ils ont mis en lumière les obstacles et opportunités à la participation politique des jeunes et des femmes, le rôle de la société civile dans la consolidation de la démocratie ainsi que le bilan du processus démocratique congolais.
Selon l’enseignant-chercheur à l’Umng, le Dr Didier Ngalebaye, seuls 10% des jeunes congolais sont en moyenne impliqués dans la vie politique, alors qu’ils représentent 76 % de la population, d’après les données de l’Institut national de statistiques de 2024.
Ce décalage traduit une inadéquation entre les décisions publiques et les besoins réels des jeunes, jugées peu adaptées à leur développement socio-économique, a-t-il fait savoir.
Pour accroître la participation citoyenne, l’enseignant à l’Umng, le Dr Idriss Bossoto, a invité les médias à donner davantage la parole aux populations sur les choix et décision des gouvernants. Il a également appelé au renforcement du sens civique et au pluralisme de l’information dans les médias traditionnels.
«On ne peut pas parler de démocratie sans participation citoyenne », a-t-il souligné, ajoutant que les réseaux sociaux ont contribué à élargir cette participation grâce à la liberté d’expression qu’ils offrent.
Abordant l’état de la démocratie au Congo, l’enseignant-chercheur à l’Umng, le Dr Ngodi Etanislas, a révélé certains acquis, tels que la présence d’institutions républicaines et la reconnaissance du multipartisme.
Toutefois, il a évoqué certains défis persistants, notamment le manque de crédibilité électorale, l’accès inégal à l’espace publique, le non-respect des droits humain et la faible participation citoyenne.

Appelant à une démocratie « proprement congolaise », le Dr Ngalebaye a plaidé pour l’adoption d’un modèle politique compatible aux mœurs traditionnelles autrefois fondées sur la spiritualité, le respect du droit d’ainesse et la solidarité au service du bien-être communautaire.
Organisé par l’Ong ’’Avenir Nepad’’, ces échanges font suite à une enquête menée par ‘’Afrobarometer’’, réseau de recherche associé à l’Ong, sur la perception de la démocratie par les populations en République du Congo.
Cet atelier a connu la participation de nombreux étudiants, acteurs de la société civile et représentants des ministères. (ACI)





