Brazzaville, 16 Juin (ACI) – L’Agence de régulation des postes et des communications électroniques (Arpce), avec l’appui des services de police ont démantelé à Pointe-Noire, un réseau clandestin de détournement du trafic téléphonique international ayant causé des pertes estimées à plus de 136 millions de francs CFA pour l’État et les opérateurs de télécommunications.
Cette affaire a été évoquée à l’occasion de la restitution aux opérateurs des résultats de la campagne nationale d’identification des abonnés menée du 3 mars au 10 avril 2026. Selon l’ARPCE, l’identification rigoureuse des détenteurs de cartes SIM constitue un levier essentiel pour prévenir les fraudes téléphoniques, les escroqueries liées au mobile money et d’autres formes de criminalité utilisant les réseaux de communications électroniques.
Le directeur des Réseaux et services de communications électroniques de l’ARPCE, M. Benjamin Mouandza a présentés le 16 juin à Brazzaville, aux opérateurs de téléphonie mobile et aux journalistes, les équipements saisis lors de cette opération. Il s’agit notamment d’une SimBox de huit ports contenant cinq cartes SIM Airtel Ouganda ainsi qu’un modem Airtel Congo.
Selon lui, les investigations menées ces derniers mois ont révélé le détournement de plus de 800.000 minutes d’appels internationaux grâce à ces équipements permettant de transformer des appels internationaux en appels locaux, réduisant ainsi les coûts d’interconnexion et contournant les mécanismes de contrôle du régulateur.
« Lorsqu’un appel provient de l’étranger, l’abonné peut voir s’afficher un numéro congolais au lieu de l’indicatif du pays d’origine », a expliqué M. Mouandza, soulignant que cette pratique porte atteinte à l’intégrité, à la traçabilité et parfois à la qualité des communications.
Les premières anomalies ont été détectées en mars dernier sur le trafic international entrant associé à des numéros MTN Ouganda. Des analyses approfondies réalisées avec le concours du groupe MTN ont ensuite permis de confirmer les soupçons de fraude au roaming.
Les enquêtes ont permis aux agents de l’ARPCE de localiser plusieurs sites frauduleux, notamment dans la zone de Congo Chine, au nord de Brazzaville, ainsi qu’au quartier Raffinerie-Camp CORAF à Pointe-Noire.
Les investigations ont également permis l’interpellation de deux femmes. Un mineur de 14 ans, impliqué dans l’affaire, a été relâché, tandis que le commanditaire présumé, de nationalité gabonaise, reste recherché.
A en croire, le responsable de l’ARPCE, les équipements saisis constituaient un réseau parallèle établi sans autorisation du régulateur, en violation de la législation en vigueur. Les auteurs de ce type d’infraction encourent des peines de deux à cinq ans d’emprisonnement ainsi que des amendes allant de 100 millions à un milliard de francs CFA.

Au-delà du préjudice économique, l’ARPCE met en garde contre les conséquences sécuritaires de cette fraude, souvent associée à des actes d’escroquerie, à des usages criminels des communications électroniques et à des difficultés de traçabilité des appels.
L’identification rigoureuse des détenteurs de cartes SIM constitue un levier essentiel pour prévenir les fraudes téléphoniques, les escroqueries liées au mobile money et d’autres formes de criminalité utilisant les réseaux de communications électroniques.
Face à l’évolution des méthodes employées par les fraudeurs, qui recourent désormais à des cartes SIM délocalisées pouvant être hébergées dans d’autres pays, l’ARPCE entend poursuivre ses investissements dans la veille technologique afin de renforcer la sécurité des réseaux et la protection des consommateurs. (ACI)

