Fintech : Yano se positionne dans la structuration des transactions financières mobiles

En République du Congo, la nouvelle Fintech Yano structure et promeut les transactions financières mobiles grâce à la collecte, la centralisation et la traçabilité des fonds. Consacré à la gestion d’argent collectif, Yano permet notamment aux groupements associatifs ou professionnels, aux commerçants et aux particuliers d’organiser des cotisations et de lever des fonds en ligne.

Lors d’une interview exclusive accordée à l’ACI, le 28 septembre à Brazzaville, le co-créateur et responsable produit de cette plateforme, Elwin Gomo, a souligné que cette technologie financière garantit la transparence des flux de trésorerie.

 « Sur Yano, on peut créer une cotisation pour un mariage, un cas de deuil ou un anniversaire par exemple. Quand les gens contribuent, toutes les contributions sont visibles. On sait exactement le montant qu’on a pu collecter et si l’objectif est atteint ou pas. Et à la fin, vous retirez votre argent », a-t-il fait savoir.

En outre, cette plateforme permet d’effectuer et de recevoir des paiements mobiles, sans tenir compte de l’opérateur de téléphonie. En générant un code Qr ou un lien, l’application Yano permet aux commerçants d’être payé en ligne, sans exposer leur numéro de téléphone, a souligné le responsable produit.

Le cash, un frein à l’inclusion financière

Selon le co-créateur de la fintech, la manipulation du cash demeure un frein culturel à l’expansion de cette application. Il estime que les transactions en cash limitent le suivi et la possibilité de disposer d’un historique financier. « Si vous n’avez pas d’historique financier, vous pouvez manquer beaucoup d’opportunités, telle que l’obtention d’un microcrédit », a-t-il renchéri.

A cet effet, il a précisé que yano ne stock pas de cash et ne constitue qu’une passerelle de paiements unifiée entre les clients et les opérateurs mobiles money. « Quand les gens mettent leur argent dans Yano, ces fonds ne sont pas gardés dans nos bureaux. Nous offrons juste une passerelle. Ce sont les opérateurs qui détiennent l’argent », a-t-il expliqué.

Elwin Gomo, co-créateur de Yano

D’après Elwin Gomo, Yano se veut un complément au banque et microfinance pour relever le taux d’inclusion financière, estimé à 49% en 2024 (Beac).

« Il faudrait donc qu’on fasse preuve de beaucoup d’innovation pour faire de sorte que l’argent qui circule encore en cash puisse passer via des plateformes numériques pouvant permettre aussi aux citoyens de bénéficier d’un certain nombre de services financiers », a-t-il souhaité.

Unifier les systèmes de paiements

L’ambition de Yano est de faire en sorte qu’il n’y ait plus de fragmentation de paiements, en connectant les institutions financières telles que les banques et les microfinances à la plateforme, afin de faciliter les transactions.

« La vision est de se positionner au centre pour pouvoir créer une infrastructure qui va faire drainer autour d’elle toutes les institutions financières ou tous les services financiers pour qu’il n’y ait plus de barrières », a déclaré le responsable produit de Yano.

A propos de Yano

Lancé officiellement le 14 septembre dernier, Yano est une plateforme congolaise d’agrégation de services financiers numériques, actuellement accompagnée dans le cadre du programme Bantulab et son partenaire, le groupe L’Archer.

Cet appui prévoit l’accompagnement financier, le renforcement de la gouvernance et l’accès privilégié aux réseaux d’expertise, de partenaires et d’investisseurs. Ce dispositif s’appuie sur un véhicule d’investissement de 655 millions de FCFA co-financé par les deux structures.

Co-créée par les entrepreneurs congolais Regis Dilou et Elwin Gomo, Yano est à ce jour la première plateforme dédiée à la structuration des flux financiers des communautés et marchands.

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